DÉPARTEMENT
de
la meurthe 4 Son Excellence
,., .. ,„. te Ministre de L'Intérieur.
Cabinet du Préfet.
(Confidentielle.)
Passage de M. Benjamin Nancy, le 15 décembre 1828.
Constant à Nancy du 13 au 14 décembre.
LE CONSEILLER d'ÉTAT, PRÉFET DE LA MEURTHE.
« Monseigneur,
u J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que M. Benjamin-Constant, venant de Strasbourg- et se rendant à Paris, a traversé d'abord Lunéville, et ensuite Nancy, où il a couché le 13 et où il a (sic) resté de six heures du soir à neuf heures du matin du 14 de ce mois. Pendant son court séjour, il n'a reçu la visite que de quelques habitans. Son passage na donné lieu à rien de remarquable.
u Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur. »
a G,e d'Allonville. »
MINISTÈRE de
j ,-.-, Paris, le 16 décembre 1828.
L INTERIEUR (i) '
Au Préfet du Haut-Rhin, Colmar.
(Confidentielle .)
u M. le P., j'ai reçu votre lettre confidentielle du 11 de ce mois, relative au séjour à Munster de (2) M. Benjamin Constant, membre de la Chambre des députés. Je vous remercie des détails que vous m'avez communiqués à cette occasion.
« Agréez... »
Lettre de B. Constant au vicomte de Martiynac, Ministre de l'Intérieur,
u Monsieur le vicomte,
m J'ai l'honneur de m'acquitter, auprès de Votre Excellence, de diverses commissions dont mes commettans m'ont chargé.
« M. Louis Schertz, électeur éligibledu département
(1) Minute, de la main du ministre (v** de Martignac).
(2) Ces cinq mots surchargent un premier jet, illisible.
456 BENJAMIN CONSTANT SOUS L OE ï L DU GUET
du Bas-Rhin, a été assez heureux pour remettre en mains propres à S. M. dans sa voiture, lors de sa sortie du département, une pétition très bien faite, et qui renferme l'exposé de toutes les souffrances de l'Alsace. Elle aura sans doute été remise à V. E. M. Schertz est un des hommes les plus estimés et des meilleurs citoyens de Strasbourg. Lors du voyage du Hoi, dans nos beaux départemens, V. E. a été l'interprète des intentions royales, et l'Alsace, dont l'industrie est gênée et la prospérité entravée par beaucoup de dispositions vexatoires, a pu espérer qu'on allégeroit ses maux (1). Les Alsaciens se flattent que, durant la session, quelques-unes de leurs espérances seront réalisées. La pétition de M. Schertz contient beaucoup de faits et d'indications importantes. Si elle n'étoit pas sous les yeux de V. E., j'en ai une copie que je m'empresserai de lui envoyer.
« M. de Gambefort, ancien émigré, qui a remis aussi en mains propres au Roi une pétition pour réclamer des secours auxquels il pense que son dévouement lui donne des droits, m'a prié de rappeler à V. E. sa demande. Je dois servir mes commettans, sans acception de principes. D'ailleurs, sa famille tient un rang honorable en Alsace.
« V. E. trouvera encore un placet de M. Pauthier, qu'il m'a envoyé pour remettre à S. M. Je n'ai aucun moyen direct pour le faire.
« Enfin, Monsieur le vicomte, je joins un mémoire de
(1) Peinture évidemment beaucoup trop poussée au noir. B. Constant, à la tribune comme devant sa table à écrire, ne hait point, dans ce que M. Faguet appelle sa grande manière, le ton emphatique, déclamatoire, presque tragique. Et puis, il aimait assez à prendre les airs protecteurs.
fa, nmile d'une lettre de Benjamin Constant trn vicomte de Marlignac Ire de Vint
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M. Munch, ancien maire. Il traite d'améliorations de détail qui sont du ressort de V. E.
« Je la prie d'agréer l'assurance de ma haute considération. H
Hknjamin Constant.
Paris, ce 23 janvier 1829.
(En tête de cette lettre est inscrite la mention suivante : « Rép. le 27 janvier. — Les deux placets ont été transmis, l'un au ministre du commerce, l'autre au ministre de la maison du Roi (1), dont ils dépendaient. — On saisira l'occasion de remettre au Roi le placet de M. Pauthier. »)
(Cette lettre, dont C original est en notre possession, est reproduite en fac-similé dans le présent ouvrage, ici même. Elle donne une idée juste de C écriture si ferme, si lisible, si correcte, de Benjamin Constant .)
Note.
Voir au dossier de M. de Lafayette, même n° d'ordre, une correspondance relative à un voyage qu'il doit faire dans le département de la Haute-Loire (2) avec M. Benjamin- Constant .
Juillet 1829.
(1) Le duc de Doudeauville eut la maison du Roi le 4 août 1824.
(2) Cette désignation de département en remplace une autre, ■qui a été grattée. Le mot doit surcharge devait.
PREFECTURE de
la meurthe A Son Excellence
... . . le Ministre de l'Intérieur.
Ministère de l'Intérieure (sic.)
Direction du Cabinet. Nancy, le 8 août 1829.
(Bulletin du 12.) « Monseigneur,
« J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que M. Benjamin Constant a traversé le département de la Meurthe dans les premiers jours de ce mois avec Mme son épouse pour se rendre aux eaux de Baden. À Nancy, il n'a reçu que deux ou trois visites; à Lunéville, il a été complimenté, et on lui a offert un dîner qu'il a accepté; à Blamont, on lui a donné une sérénade; environ 150 personnes se sont réunies sous les fenêtres de l'auberge où il était descendu. — Aux cris de : « Vive Benjamin Constant ! » il a répondu par ceux de u Vive le Roi constitutionnel ! •» et : « Vive la Charte! n Il a aussi crié : « Vive les habitans de Blamont! » assurant qu'il veillerait toujours à la liberté du peuple et au maintien de la Charte ; il ne m'est point parvenu de rapport sur la suite de son voyage, qui, au surplus, ne paraît avoir aucun but politique.
« Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur. »
« Le Conseiller d'Etat, Préfet de la Meurthe, « C'e d'Allonvili.e. »