‹ Benjamin Constant sous l'oeil du guetChapitre 43 sur 63 · LETTRE DE CONSTANT, CRAIGNANT D ETRE FOUILLE EN VOYAGE · texte numérisé non relu

LETTRE DE CONSTANT, CRAIGNANT D ETRE FOUILLE EN VOYAGE

J'ai eu la chance de retrouver chez M. Charavay la lettre suivante, à rapprocher de celle qu'envoyait Constant au commissaire de police de Calais, le 16 août 1816 (de Spa) :

« Monsieur,

« Vous m'avez fait l'honneur de me dire, la dernière fois que j'ai eu l'avantage de voir Votre Excellence, que vous aviez pris toutes sortes de précautions pour que le général Sébastiani n'éprouvât aucun obstacle à son passage à Calais. Me trouveriez-vous bien indiscret si je demandais à Votre Excellence un mot pour le commissaire général de police dans cette ville? Vous croirez facilement, Monsieur le Marquis, que je ne m'adresserais pas à Votre Excellence si je voulais prendre quoi que ce soit qui pût être suspect le moins du monde. Je n'emporte avec moi aucun papier, aucun livre, aucun imprimé quelconque, ni aucun manuscrit, si non des papiers d'affaires, à l'examen desquels j'ai d'autant moins d'objection que je ne serais pas retenu par cet examen, vu le petit nombre de ces papiers. Sans l'intention zélée du commissaire de police à l'égard du général Sébastiani, si toutefois ce qu'on m'a raconté

est vrai, je n'aurais aucune inquiétude : mais il me sciait pénible qu'une erreur, qui ne pourrait être réparée qu'en attendant des ordres de Paris, causât un retard et une émotion dont la santé de Mme de Constant, déjà fort ébranlée, souffrirait peut-être. L'obligeance que Votre Excellence a bien voulu me témoigner me fait croire qu'elle ne désapprouvera pas ma demande.

« Je suis avec une respectueuse considération, Monsieur le Marquis, de Votre Excellence le très bumble et très obéissant serviteur. »

W de Constant.

32, Upper Berkeley Street.

Ce 21 juillet 1816.

(Pas de suscription. — Au baut de la lettre, la mention : Répondre).

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