BENJAMIN CONSTANT ET MADAME DE CHARRIERE
M. Ph. Godet vient de publier, comme on sait (voir à la Bibliographie, p. 575, n. 1), une monographie définitive sur Mme de Charrière, fruit d'un admirable labeur personnel et de longues investigations. Qu'on s'y reporte pour recueillir les détails intéressant l'adolescence de notre héros. — Mme de Charrière était une Hollandaise originale, libre de pensée, nourrie de la philosophie du dix-huitième siècle français, qui a passé sa vie en Suisse et écrit plusieurs ouvrages en un français excellent. On n'avait jusqu'ici sur elle que des données fragmentaires : Benjamin Constant et Mme de Charrière, ou la jeunesse de Benjamin Constant racontée par lui-même. Lettres inédites communiquées et annotées par E.-H. Gaullieur ; Revue des Deux-Mondes, 15 avril 1844. Les premières de ces lettres deB. Constant sont de 1787, les dernières de 1794. L'article d'appréciation n'est pas signé, mais il fut rédigé par Sainte-Beuve : il l'avoue en son article du 1er novembre 1845 (Revue des Deux- Mondes). Ce sont des épîtres très juvéniles, vives, gracieuses, spirituelles, ... et fort peu spiritualistes, exaltées d'ailleurs, nerveuses, fébriles, sans velouté, bien sèches pour des lettres d'amour. Il est vrai que V objet, comme on parlait dans le salon de Mme de Rambouillet, était déjà mûr !