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lùt-il on non, an /jouveincmcnt des fleurs de lis. L'Arg^ns, donc, ne le perdait littéralement pas de vue, mais semblait prendre à tâche de servir le pouvoir de la façon la plus (jauche du monde et de g^randir, en revanche, Constant, en exag^érant son rôle et en flétrissant ses intentions. On donnait force instructions aux préfets. Ceux-ci exécutaient sans trop d'ennui, semblc-t-il, leur méchante besogne d'espionnag^e (1). Peu libéraux de tempérament, et surtout impatients de conquérir les bonnes g^ràces, les bonnes notes, les remerciements et les félicitations du pouvoir central, ils suivaient, non seulement avec ponctualité, mais encore avec entrain, la consig^ne reçue. Gomme on s'en apercevra par la lecture de telles de ces pag^es récoltées par nous aux Archives, tous les moyens leur étaient bons pour décrier et déconsidérer le pèlerin trop fêté, pour le démolir d'avance, si faire se pouvait. Ils employaient même, à cette fin, des procédés plus énerg^iques que propres, plus maladroits qu'efficaces, et que je me fusse abstenu de censurer, s'ils ne m'eussent apparu, malheureusement, comme représentatifs de la mentalité de toute la haute administration
(1) L'Alsace n'était pourtant pas, à vrai dire, un bien terrible foyer d'opposition libérale. — Voir, au Moniteiw universel, les détails sur l'élection de Benjamin Constant à Strasbour{j. Consulter aussi, passiin, les Réminiscences de J.-J. Coulmann, qui parurent chez Lévy en 1802-1869 (3 vol. in-8°).
à cette date, — à très peu d'exceptions près. La seule excuse, peut-être, qu'ils pussent allég^uer pour pallier leur pusillanimité quasi oblig^atoire, c'est que sous aucun rég^ime, de mémoire de Français, un représentant direct du pouvoir ne s'est appartenu dans sa pleine indépendance morale, à moins d'être, en même temps qu'un homme public, un homme tout court, ce qui est rare. Le plus souvent, il se contente d'être un rouag^e ; et pourvu que les honneurs paient l'obséquiosité, l'honneur peut bien baisser pavillon. Ce fut, d'ailleurs, en pure perte que les préfets du Haut-Rhin et du Bas-Rhin daubèrent à outrance sur Benjamin Constant; c'est en vain qu'ils firent distribuer, à plusieurs centaines d'exemplaires, des articles de journaux imprimés en allemand et en français, où s'étalaient, complaisamment énumérés, les tâtonnements, revirements (1), terg^iversations, défaillances et revenez-y de leur adversaire, taxé d'inconstance et, peu s'en faut, de perfidie ou de lâcheté ; comme si presque tous les politiciens jetés à travers les époques troubles, — Gicéron en tête, — n'avaient pas connu ces crises morales, cet opportunisme contraint et forcé,
(1) Ces articles insistent, naturellement, sur l'apostasie de 1815, qui fit de Constant le rédacteur de V Acte additionnel. Son attitude s'explique par l'étrange fascination que l'Empereur exerçait sur lui comme sur tant d'autres. — Voir (pp. 243-244) la lettre que nous citons de Mme Degérando à Camille Jordan.
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composé de convictions successives, ni traversé cette pénombre où le plus dévoué citoyen s'é(jare, impuissant à discerner le sentier du devoir. — C'est en vain que, recourant aux menaces, ils firent entrevoir aux sujets protestants, en cas de rébellion, sinon une Saint-Barthélémy ou une Révocation (autres temps, autres mœurs!), à tout le moins la mise à l'index qui les eût, comme des parias, systématiquement écartés des chargées publiques, que la Déclaration des droits, ratifiée par la Charte, avait proclamées indistinctement accessibles à chaque talent, à chaque mérite, sans acception de personne, d'ori^jine, de classe sociale, de foi religieuse ou politique. — De telles manig^ances sont la honte, avouons-le, des persécuteurs aux abois qui osent en user.
Ceci dit, il n'est pas niable que, de son côté. Constant n'ait plus d'une fois prêté le flanc au blâme ou à la raillerie. Certes, la Charte permettait en principe, sous certaines restrictions fondées sur le besoin de Tordre et le sentiment des convenances, la libre communication des opinions individuelles par le lang^age ou par la plume ; et ce droit de la parole et de la presse, qu'il a hautement réclamé toute sa vie, notre parlementaire ne la jamais, ce semble, soit en parlant, soit en écrivant, outrepassé. Aussi bien, le libéralisme dont il faisait profession étant une doctrine par bien des points nég^ative et, par son essence même,
tolérante, modérée et courtoise, il devait lui répug^ner de heurter de front les corps constitués ; à ce titre, il ne pouvait être ni peu ni prou confondu, j'y insiste, avec la race dangereuse des factieux et des révolutionnaires de métier, contre qui les plus basses besog^nes sont licites. Il parait avoir manqué simplement de prudence et de mesure. Ce n'est donc pas qu'il faille contempler avec admiration ces déplacements à (jrand ou à petit orchestre. — Non, il n'agitait pas la province de propos délibéré, mais il laissait trop tambouriner ses pèlerinag^es politiques. On verra par la suite des pièces ci-après annexées de quoi notre député était, au fond, coupable. Volontiers remuant, horriblement vaniteux (il l'a toujours été), les hommag^es, même vulg^aires, le chatouillaient délicieusement; l'encens lui plaisait, même éventé. Sans être le g^rotesque charlatan que dépeig^nent ses ennemis, il a le g^oùt un tantinet théâtral. Il s'acoquine avec excès à la parade. Il aime un peu plus que de raison les boniments, les fanfares, les toasts en musique, les acclamations, les salves de coups de fusil, les feux d artifice et lueurs de Beng^ale, les banquets à prix fixe où l'on débite en son honneur des harangues et des poésies, les réceptions où lui-même improvise, sur un balcon, entre deux chandelles, avant de gagner son lit, quelque sympathique, inoffensif, et très vague appel au peuple.
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Autant en emporte le vent ! Fallait-il le molester pour cela? peser, passer au crible des propos de table? consi(}ner sévèrement par écrit des visites aux usines, ou des promenades escortées d'une cbevalerie rustique assurément plus carnavalesque qu'effrayante? — Quelle pitié!... Et quand on pense qu'au fond de ces milliers de dossiers qui dorment dans le vieil hôtel Soubise où les a versés la police d'un siècle entier de notre histoire (1), on découvrirait autant de piteux racontars sur ces purs patriotes qui s'appelaient Manuel, Foy, 8ébastiani, La Fayette! Non, Dieu merci, ime inquisition si saug^renue n'a pas sévi dans tous les àg^es; ou plutôt, — et pour conclure, — il y avait long^temps qu'une administration n'avait mis en branle autant d'argousins et de mouchards, ni ne s'était, dans l'ombre, édifié de ses propres mains, avec cet âpre acharnement, sur un pareil amas de papier ministre, de rapports et de messag^es confidentiels, un si haut renom d'absurdité, de ridicule! Gela même est curieux, et beau dans son genre! Et tels de ces fonctionnaires (n'en dési- (jnons aucun nommément) eussent mérité de concourir pour le prix Montyon que l'Académie décerne annuellement à quarante ou cinquante ans de domesticité fidèle; car si, pour eux, la durée des services fut bien plus rapide, ils ne s'en sont
(1) Les cartons de la police (jénéralc, aux ArL'hi\os nationales (section F, 7) comprtnncnt plus de dix mille numéros.
pas moins révélés, dans toute la force du terme, ce qu'ils se vantent d'être, en effet, par la formule sacramentelle devenue, dans l'espèce, l'exacte vérité : de U^ès humbles et très obéissants serviteurs .
Avant de reproduire celles des écritures de ces bons serviteurs qui ont trait aux voyages de Benjamin Constant, nous ne jug^eons pas inutile de rappeler et de prouver par quelques extraits dont la lecture est assez piquante, qu'ils procédèrent de la même sorte vis-à-vis d'autres personnag^es aussi peu dang^ereux pour la sécurité de l'Etat que celui qui nous occupe.
Le copieux dossier de police (Ij d'où nous allons exhumer les lettres des préfets et des chefs de gendarmerie relatant au jour le jour les déplacements de Benjamin Constant dans les départements de l'Est, renferme de nombreuses pièces relatives aux ag^issements de plusieurs députés plus ou moins célèbres de l'époque. Hâtons-nous de dire que l'autorité ne trouve, en général, rien de sérieux, ni même de très significatif, à relever contre eux ; mais ils déplaisent au gouvernement : cela suffit pour que les mouches de police de
(1) Arcujves ^ATIO^ALKS. Police générale. Affaires politi(pics (1814-1830). F'6719. 8. 371 o. g". —Députés. A-F. — Toutes les pièces de ce dossier sont revêtues de la cote 8.371 o. çj. (objet général).
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tout rang s'acharnent à leurs trousses et ne nous fassent grâce ni d'une réception, ni d'une sérénade donnée en leur honneur. Il n'y a pas encore d'orphéons institués dans ce tenips-Ià ; mais les sociétés musicales ne manquaient point, parait-il, pour exécuter, le cas échéant, l'air rehattu : Oii peut-on être mieux quau sein de sa famille? ce qui est une très cordiale manière de souhaiter la hienvenue à un représentant du peuple. — C'est ainsi qu'on rencontre, en ce carton, le nom de Jacques l.nj fille, député de l'arrondissement de Bayonne, au début de 1827 (mars). Une sérénade est offerte à Basierrèclie, autre député de Bayonne, le 27 août IS21 : on pousse en son honneur les mêmes cris qui salueront, sept ou huit ans plus tard, à Golmar et à Strasbourg, les visites de Benjamin Constant (1) . On surv^eille aussi, vers cette même date, le comte de Beaumotit, capitaine d'état-major, désigné comme l'un des chefs du parti ultra-royaliste dans la Dordogne; André, député du Haut- Rhin (toujours des sérénades (2) et des banquets) , en avril 1830; on a l'œil, dans la Sarthe, sur Bédoch, député de la Corrèze. On surveille également/?/^^o/î, député du Haut-Rhin, \c baron Boissf d'Anglas, député de l'Ardèche (banquet en sep-
(1) Cf. le rapport sijjnc Maurice d'Escatoire (ou d'Escaloiie) ; lettre au baron Mounicr, 28 août 1821.
(2''i Note du coiniuandant de gendarmerie, sur une sérénade donnée à Colmar, » témoiynaqe public de satisfaction. »
tembre 1829); le baron de Brigade (Nord) , en mai 1830; Pierre Casimir-Perier (Aube), en décembre 1829; Ceshron-Lavaux (Maine-et-Loire); le marquis de Chauvelin, ancien député de la Gôte-d Or, est épié de 1825 à 1827, qI de Corcelles, député du Rhône, de 1815 à 1824. Cunin-Gridainc (Ardennes) est suivi de près en 1829. Delaroche, député de la Seine-Inférieure, est espionné en 1823 ; le baron Jules-Paul- Benjamin Delessert, banquier, en 1820. On s'intéresse à Deveau (sic), au vicomte Donnadieu (Bouches-du-Rhône) ; de celuilà on ne peut rien tirer : » Dans le peu de communications qu'il a, il ne parle point des affaires qui peuvent le concerner. Il paroit triste, préoccupé et accablé d'ennuy (sic). Sa santé est mauvaise (1). » Le malheureux était g^ravennent atteint, et ne causait pas volontiers.
« Doux pays! » dirait le caricaturiste Forain.
Dupin aîné, avocat, député élu par l'arrondissement de Mamers, est accusé de recevoir les hommag^es du parti libéral; les pièces qui le concernent vont de juillet à décembre 1827 (2). — Dupont de fEure (Eure), le chevalier Dupont, selon VAlmanach royal, est, de 1821 à 182 4, Tobjet d'enquêtes approfondies. Le préfet de la Seine- Inférieure, baron C-A. de Vanssay, maitre des
(1) Lettre du préfet des Hautes-Pyrénées, Jahan de Belleville (Tarbes, 26 août 1823).
(2) Séjour au Mont d'Or (sic).
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requêtes, écrit de Rouen f'14 nov. 1821) une lettre iiiv^ente au directeur général de l'administration départementale et de la police, baron Mounier : « J-e m'empresse, lui dit-il, de vous faire savoir que je suis informé que les meneurs du parti libéral de ce département s'occupent de recueillir des souscri[)tions, afin de donner un domaine d'au moins cent mille francs (1) à M. Dupont de 1 Eure, tant pour l'indemniser des frais auxquels l'entrainent ses fonctions de député que pour lui assurer la qualité d'éli^'jible, qu'il parait devoir perdre par suite des dég^rèvemens, etc. " Et il promet de se rensei^^^ner avec exactitude, célérité et discrétion : « secrètement, et avec la circonspection convenable. »
Etienne (1777-1845), écrivain dramatique et publiciste qui serait aujourd hui totalement oublié sans l'élo^je que prononça son successeur à l'Académie, le ^rand poète Alfred de Vig^ny, Etienne mérite ici une mention particulière, à titre de victime du gouvernement des Bourbons. Sa physionomie, qui nous semble assez pâle, malg^ré son renom lointain d'esprit délicat et fin, de g-aieté vive et de bon aloi, leur semblait, paraît-il, à eux, fort inquiétante. Il était la béte noire du nouveau
(i) Dans une autre IcUic du iiicme de Vanssay (^i6 yrt»i'ic/- 1822)y il est pa>-lc d'un domaine de cent à cent cinquante mille francs. — Références : voir des renseigneinens sur M. Dv^nont, députe, au dossier 9,360. ^
ré^orime. On le traquait, on le molestait sans trêve. Nommé chef (en 1810) de la division littéraire au ministère de la police, puis censeur, il s était ouvert les portes de l'Académie française (22 août 1811) par une comédie en cinq actes et en vers, les Deux Gendres^ représentée avec un beau succès sur la scène de la rue de Richelieu (Il août 1810). Poursuivi par la seconde Restauration, on ne sait trop pourquoi, avec une haine sauva^o^e, avec une ra^e aveu(]le, il faillit être proscrit; il fut retranché de l'Institut (181G), rayé de l'ordre de la Lég^ion d'honneur (1). Alors, se sentant l'instinct ag^ressif, il se jette à corps perdu dans la polémique et déclare une rude (juerre à ses ennemis. Lancé dans le journalisme, il contribue
(1) La Légion d'honneur a été maintenue par les Bourbons; ils n'ont pas osé toucher au glorieux /locliet ; seulement, la blanche étoile d'argent et d'émail porte maintenant en son centre, d'un c5té l'efligie de Henry IV, Roi de France et de Navarre, à la place de celle de Y usurpateur qui l'avait fondée; de l'autre, trois fleui's de lis, avec l'exergue qui, Dieu merci, n'a pas changé par le bon plaisir du prince : Iloiiiieur et Patrie. tTne note insidieuse poite (cf. Aimanarh royal, 1816-J830) que seuls sont valables les brevets signes par Louis XVIII et Charles X; injure gratuite à la mémoire du prodigieux soldat dont on prétend détruire la griffe jusque sur les brevets décernés à ses compagnons de victoire, les vétérans de la Grande-Armée : « Les lettres d'avis, diplômes ou brevets délivrés depuis la création de l'Ordre roval de la Légion d'honneur doivent être renvoyés à la Grande-Chancollerie, pour y être échangés contre de nouveaux brevets signés par le Roi et contre-signes par le Grand-Chancelier. » — L'article 72 de la Charte ajoutait : « Le Roi déterminera les règlemens intérieurs et la décoration. »
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à la fondation de la Minerve française (l), où bientôt écrira Benjamin Constant; il devient un (les directeurs en titre du Constitutionnel, un des leaders de l'opposition. Il fournit une lon^jue et brillante carrière politique. Le 13 novenabre 1820, il est élu député, à quarantetrois ans (2), par le département de la Meuse, où sa popularité était extrême, bien qu'il n en fût pas originaire, et qui le réélit successivement le 16 mai 1822, le 17 novembre 1827, le 23 juin 1830. Orateur d'affaires, il luttera avec avantage contre le ministère Polignac, et il adhérera avec élan, — plus volontiers encore que Benjamin Constant, — au ^gouvernement de Juillet. Le collè(]^e de la Meuse lui continuera sa confiance (5 juillet 1831, 21 juin 1834, 4 novembre 1837) ; l'Académie lui rendra son fauteuil (3 avril 1829) ; enfin, il sera créé pair de France le 7 novembre 1839. — Tel est son curri-
(1) Ses Lettres sur Pains, dans ce recueil, eurent un grand retentissement.
(2) Sur les conditions censitaires d'éligibilité, à cette date, voir dans V Almanach royal le texte (trois pages et demie) de la Charte constitutionnelle donnée par Sa Majesté Louis XVIII en 1814 (74 articles) : « AnT. 37. Les députés seront élus pour cinq ans, et de manière que la Chambre soit renouvele'e chaque année, par cinquième. — Art. 38. Aucun député no peut être admis dans la Chambre, s'il n'est âgé de quarante ans, et s'il ne paie une contribution directe de 1,000 francs. » — Ces dernières clauses sont émincinment défavorables aux jeunes ambitions et contraires, par la taxe pécuniaire, à l'esprit démocratique.
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culuin viiœ, son cwsits honoruni, comme disaient les vieux Romains.
Les rapports de police provoqués par les allées et venues d'Etienne dans la région de TEst sont tous (entre 1822 et 1829) d'une insignifiance ou d'une puérilité navrante. Il est clair qu'il n'y avait guère à mordre sur sa vie extérieure ; il est inoffensif, doux, pacifique, au cours de ses promenades en province. Rien de spécial à lui reprocher, et sa présence ne fait aucune sensation, ce qui n'est pas pour surprendre ; à peine, de loin en loin, une pauvre petite sérénade, un modeste banquet (août 1822). Il est surveillé, serré de près par le préfet de la Meurthe, vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont (maître des requêtes;, légèrement inquiet de ses tournées sans motif connu. Une fois, en 1823, à déjeuner, dans une réunion en petit comité, « il paroitroit que le sieur Etienne a cherché à rassurer les personnes de son opinion sur les affaires d'Espagne (l). » — Un autre jour, un rapport du secrétaire général Servais, de la préfecture de la Meuse (14 juillet 1823), nous montre Etienne soutenu dans sa campagne électorale par Manuel (2) et plusieurs personnes, qui
(1) Lettre du connnandant de gendarmerie de la Meurthe (22*^ légion) ; police générale du royaume; Aaiicj^ le 30 mai 1823.
(2) Le célèbre Jaccjuc s- Antoine Manuel (1775-1827), rancien volontaire de 1792, qui, nommé représentant aux Cent-Jours,
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delà se sont rendues aux eaux (I) . — Enfin (4 avril I 8:20) , il a reçu les félicitations des étudiants, lors » de sa nomination à la place d'académicien » , ou plutôt de sa réinté^'jration, comme on l'a vu plus haut {2) . Suit le compte rendu, en substance, de la réponse qu'il leur fit. — Et c'est tout!
Un homme ne se rend pas suspect à si peu de frais.
Maintenant, voyons ce qu'ils ont fait pour Benjamin Constant. Celui-là leur a donné plus de mal, leur a coûté plus de temps et plus d'encre. Nous ne g^rossirons point par des géloses inutiles le recueil de pièces, — respectable à ce seul titre, j'entends par ses dimensions, — qui forme 1 objet d'un prochain chapitre. Quelques notes explicatives nous suffiront. Il sera loisible au lecteur de faire par lui-même les réflexions et de tirer toutes les conséquences que ce curieux dossier comporte.
demanda que Napoléon II fût élu empereur et s'opposa de tout son pouvoir au retour des Bourbons. Député (1818) de la Vendée, où il combattit énergiquenient la réaction royaliste, orateur d'un incontestable talent, il attaqua, en 1823, le projet de guerre en Espagne et fut expulsé de l'enceinte du Parlement tnanii tiiililari, avec éclat.
(1) Détail plaisant; Etienne trouve moyen de dépister sur ses gîtes les meilleurs limiers : « La police n'a pu découvrir où il a couché la nuit dernière. Il n'a été déclaré par aucun aubergiste ou logeur. » (Lettre du préfet de la Meurthc, vicomte de Villeneuve, au ministre de l'intérieur, de Corbière) .
[Hj II y avait, par le fait, dix-huit ans qu'il appartenait à l'Académie française.