LA POLICE KT L'INTÉRIEUR (SUITE
distincts, dont les séances, soumises pour la forme à la permission et au contnMe du g^ouvernement, ne pouvaient durer plus de six jours, et dont les décisions devaient être proposées à l'approbation du roi.
On trouve dans la correspondance des préfets de Charles X des notions qu'il est expédient de retenir sur l'état d'esprit de ces cercles protestants à la fin du règ^ne : pas l'ombre de révolte ouverte à enreg^istrer, bien entendu, mais peutêtre, vis-à-vis des autorités, un désir latent de picotafje, de taquinerie vénielle, dont s'irritaient ou s'ag^açaient les délégués du pouvoir central (1). — Au total, rien de ([rave.
A la Chambre, en 1829, l'Alsace comptait onze députés pour un territoire peuplé d'un peu plus d'un demi-milHon d habitants. Dans le Bas-Rhin, Strasbourg^ avait pour députés deux indig^ènes, personna^jes riches et bien posés en ville, Saglio et de Tiirckheim , l'un iié(}ociant, l'autre banquier. Dans les collèges d'arrondissement (Saverne, Benfeld, Haguenau, Strasbourg), trois g^entilshommes aux noms ronflants et compliqués : baron Wangea de Géroldseck (un nom qui rappelle le répertoire de Jacques Offenbach) , baron Zoi^n de Boidach, vicomte Renouard de Bussiêres^ tous trois mem-
(1) Voypz la lettre, citde plus loin (p. 483), du préfet de Strasbourg au Miinistro de l'intérieur, à la date du \h octobr« 1829 (^i-elative au rôle des deux députés de la ville).
2n-2 BENJAMIN CONSTANT S0I3S L OEIL DU GL'ET
bres du conseil ^jénéral : Benjamin Constant, étrangler au pays par ses attaches de famille, siégera à côté d'eux. — Dans le Haut-Rhin l : à Colmar, André^ conseiller à la Cour rovale, et Mirjeon, maitre de forf^es, membre du conseil grénéral: dans les collè^^jes d arrondissement CAJtkirch. Colmar, Belfort , un baron de Reinach et un baron dAnihès, tous deux membres du conseil g^énéral, plus un simple fonctionnaire, Haas, receveur des finances à Belfort 2 .
Vaste exploitation industrielle, prospérité matérielle, tranquillité morale, liberté de conscience, calme et repos, glorieuses traditions historiques, TAlsace possédait tous ces privilégies dans les dernières années de la Restauration. Quand B. Constant, en plus d'une occurrence, et notamment dans la requête à Martig^nac citée plus loin.
'1) Mulhausen /^Mulhouse) n'appartenait à la France que depuis 1798.
;2 Statisti'jiie : le has-Rhin, dont B. Constant allait représenter les intérêts à la Chambre, était, en 1827-1830. un département relativement considérable, si on le compare à celui de la Seine, lequel, pour une superHcie de 46,181 hectares, comptait une population de 821,706 âmes d aprcs le recensement de 1826^ et pavait près de neuf millions d'impositions directes. Le Bas-Rhin atteignait alors, pour la population, plus de la moitié du chiffre de la Seine : 535,407 habitants Superhcie en hectares : 417, 300. Total des contributions directes : 2,463.493 fr. 78. — Cf. Almanach rayât de l'année 1827, p. 406; tableau comparatif des 86 départements. — Le Haut-Rhin était, à tous égards, un peu moins important, un peu moins fort, sous le rapport de la prospérité matérielle et du rendement.