I,A FRANCE DE L AVENIR KT LA LIBERTL
u Il reste encore des hommes qui ont peur de la
liberté et de la lutte, peur de la science et de la lumière. Ce sont là des phobies enfantines ou séniles, indifjnes d'un homme moderne, indignes d'un peuple chrétien. Des esprits courts, aussi ignorants des besoins du présent qu'oublieux des mécomptes du passé, osent nous vanter des recettes avilissantes. A les entendre, la liberté nous tue; nous les voyons scruter de toutes parts l'horizon pour découvrir d'où surgira le maître qui, seul, peut nous sauver. Attente vaine et superstition surannée ! L'histoire du dernier siècle n'a-t-elle donc pas assez démenti ces spécieuses promesses?
« Ce n'est ni d'un maitre, ni d'un homme, qu'il nous faut attendre le salut; c'est de nous-mêmes, de notre virilité retrouvée et de nos libres efforts. Ce qui nous perd, ce n'est pas la liberté, c'est bien plutôt le défaut de liberté, ou l'inintelligence de la liberté. Fût-elle réelle et entière, fût-elle toujours respectée des partis qui nous gouvernent, la liberté politique n'est pas tout. Si elle doit nous être précieuse, si elle mérite notre amour et notre fidélité, c'est parce qu'elle est la garantie de nos droits, qu'elle seule peut nous aider à conserver ou à conquérir toutes les libertés civiles ou religieuses, publiques ou privées, nécessaires au plein épanouissement de la société et à l'affranchissement de nos cons-
ciences. Autrement, la liberté a beau être inscrite au fronton de nos monuments, elle n'est guère qu'une fastueuse et menteuse enseigne qui couvre mal l'arbitraire de majorités tyranniques
il En un pays comme le nôtre, qui ne possède encore que des libertés incomplètes, des libertés tronquées et truquées, il n'est pas permis de dire que la liberté a fait faillite. Et pourquoi ferait-elle faillite en France, quand, en Europe et en Amérique, elle a donné la grandeur et la paix à des peuples qui ne nous sont supérieurs que par leur amour et par leur intelligence des institutions libres? Ce qui a fait faillite en France, ce qui bientôt aura fait banqueroute partout, ce n'est pas la liberté, c'est l'absolutisme, — césarien ou jacobin, — le despotisme bureaucratique ou administratif, l'omnipotence d'un liomme, d'une majorité, d'un parti... »
(Anatole Leroy-Beaulieu, article publié dans Demain (revue hebdomadaire lyonnaise), en novembre 1905.)
BIBLIOGRAPHIE et ICONOGRAPHIE
SoMMAiRK. — 1. — BiBLiOGRAPinE. Sourccs luanuscrites et dot;uinents inédits. — Articles de llevues ; ouvrages critiques; Mémoires ; recueils de correspondances ; monographies historiques. — II. — IcONOCR-VPHiK (Bibliothèque nationale^ Cabinet, (les listampes : poitraits, qroitpes, rnrieatures).