‹ Benjamin Du PlanChapitre 4 sur 9 · VET' PUR · texte numérisé non relu

VET' PUR

ment disparu. Plus de « ces petits enfants parlant sans connaissance, avant même que d’avoir la langue déliée ; » plus de ces personnes ignorantes ayant le don des langues et de l’éloquence ; plus de ces petits prophètes exhortant dans leur sommeil. Nous ne voyons pas non plus qu'aucune d'elles renouvelle l'expérience de Clary, répande des larmes de sang ou « se frappe la poitrine à coups de couteau sans qu’elle en puisse être offensée. »

Leurs exhortations revêtaient en même temps un caractère plus moral. Ce n'étaient plus, comme dans le premier: moment, des imprécations et des menaces contre les persécuteurs de l'Eglise, ou, comme dans le deuxième, des discours belliqueux. Elles ne voulaient même pas qu’on prit les armes pour défendre sa patrie. Elles n’excitaient plus au meurtre et ne parlaient plus de rebellion, de guerre et de combat. « Mais quelque chose de profondément humain, d’affectueux, animait leurs discours. Nul cri, nulle fureur; des paroles tendres et des larmes... Elles préchaient la repentance, la sainteté, le pardon et l'amour !. » La prophétie avait cessé d'être guerrière. Les encouragements, des promesses de délivrance, le récit de leurs visions, des citations bibliques faisaient le fond de leurs sermons.

Certains auteurs catholiques n'ont pas vu les vraies raisons de ce mouvement prophétique et ont nié, ou du moins mis en doute, la bonne foi des Inspirés. Brueys, par exemple, le protestant renégat, ne voit d'autre cause au prophétisme que la nécessité pour les protestants d’avoir des prodiges pour soutenir la foi chancelante des faibles, et il le considère comme une création des plus séditieux des ministres fugitifs et principalement de Jurieu. « Dieu, dit-il, refusant de faire en leur faveur les miracles dont ils avaient besoin, ils résolurent d’en

faire eux-mêmes ?. » H ne voit pas dans les tortures qu’ils su-

. l Ed. Hugues. Histoire de la Restauration du Protestantisme en France au

XVIII siècle, t 1, p. 174.

2 Brueys. Histoire du Fanatisme de Notre Temps, p. 16.

bissaient sans faiblir une preuve de leur sincérité. Il les regarde comme des imposteurs et les appelle des « faux prophètes. » Leur grand nombre le confirme dans cette idée. « II faut avoir perdu le sens, déclare-t-il, pour se persuader que Dieu, qui n’en suscita autrefois que quelques uns, en ait voulu de nos jours susciter deux ou trois mille f. »

Nous pouvons, pour montrer leur sincérité, nous servir de quelques uns des arguments qu'emploie Brueys pour les combattre. Le temps qui vit paraitre les Inspirés découvrait à cet auteur le dessein prémédité de Jurieu : pour nous, il facilitait simplement leur apparition. On a toujours vu les prophètesse lever dans une nation à ses heures de danger ou de deuil plutôt que dans ses années paisibles et prospères. Privés de leurs pasteurs et de leurs livres religieux, les protestants s'abandonnèrent aux réveries de leur imagination surexcitée par les souffrances, et ne conversant plus avee la Bible, ils voulurent converser directement avec Dieu.

« C’est l’ordinaire, remarque Jurieu, à ceux qui étudient les Prophètes, de devenir un peu visionnaires?. » Mais si l'apocalypse, les psaumes et les écrits prophétiques étaient les livres préférés des protestants, ils ne leur étaient point recommandés par Jurieu, comme le croit Brueys, dans le but de remplir de chimères et de visions et « de faire devenir fous ceux qu'on voulait rendre prophètes. » Michelet nous parait les avoir mieux compris lorsqu'il dit : « Ils ne sont-ni fous ni fourbes, ni dieux ni diables, mais fanatiques, l'imagination ébranlée 3. »

Ce jugement ne saurait toutefois s'appliquer à tous les Inspirés, surtout dans cette troisième période. Nul doute que quelques uns n'aient songé à profiter de la créance qu'on

accordait depuis longtemps aux prophètes, pour en imposer.

| Brueys. Histoire du Fanatisme de Notre Temps, p. 16.

2? Brueys. Histoire du fanatisme de notre temps, p. 21.

$ Cité par Camille Rabaut, Histoire du . Protestantisme dans- l'Albigeois après 1685,

Nous voyons, en effet, que les Inspirés furent bientôt fort nombreux. « La licence de s'érigeren prédicateurs était telle, que quiconque en formait le dessein pouvait l’exécuter sans obstacle, qu'hommes, femmes, tous le monde se mélait du métier!. » De plus la conduite de quelques uns sur les galères où dans les prisons parle, nous semble-t-il, contre leur sincérité. On serait en droit d'attendre d’eux plus de constance, plus de fermeté. « Ce ne sont pas ceux qui nous édifent le plus ; ils ne furent guère fermes au temps des grandes bastonnades?, » déclare le galérien Baptiste en 1713 ; et dans une lettre de Pierre Muret à de Lissart nous trouvons ces mots : « Tous ces prétendus inspirés et inspirées allaient à la messe pendant tout le temps qu'ils restèrent à la prison ; et la dite Clavelle avec une autre nommée Louise Maléte, étant conduites à Carcassonne, elles allèrent aussi à la messe jusqu'à ce qu'elles sortirent par cette voie ?. » :

Le nombre des fourbes et des imposteurs augmentant, les amis de l’ordre en vinrent bientôt à considérer tous les Inspirés comme tels et Pictet, prié par Corteiz d'examiner si ces prophètes étaient désintéressés, étant donné que toutes ces femmes étaient ignorantes, fainéantes et malicieuses, déclare que « l’amour de la fainéantise est la grande raison qui porte ces femmes à faires les inspirées #. »

Malgré leurs extravagances et leurs excès, et bien qu'il y eût parmi eux des imposteurs, qu'ils fussent'tous d’une « ignorance crasse » et que l'évènement confirmât rarement la vérité de leurs prophéties, les Inspirés ne laissaient pas d'exercer une très grande influence sur la foule. « S1 éclatants que fussent les démentis donnés par les faits aux prédictions

de l’Esprit,rien ne pouvait ébranler les convictions, ni dissiper

1 Court, cité par Hugues, Histoire de la Restaurat'on du Protestantisme en France, t. I, p. 176.

2Mss. de Court. Lettre de Pierre Muret, mars 1713,

3 Jbidem.

4 Pictet : Lettre sur les Inspires,

les illusions des religionnaires !. » A cela plusieurs raisons: Premièrement, les protestants, privés de leurs pasteurs et attirés par la famine de la parole de Dieu dans les assemblées

des fanatiques, avaient trouvé auprès des Inspirés consola-

tion et réconfort. De plus, ils parlaient à l’imagination avee

une confiance très propre à en imposer, et ils avaient donné bien des fois des preuves de leur mission. Dans leur simplicité, dans leur ignorance et leur inexpérience, « comment auraient-ils fait tant de choses s’ils n'avaient pas eu le secours du Ciel? ? » N’avaient-ils pas dit vrai bien souvent, et ne devait-on pas attribuer à l’action de l'Esprit Saint les bons effets de leurs paroles ? Enfin ne se défendaient-ils pas contre les attaques de leurs ennemis en s'appuyant sur certains passages de l’Ecriture Sainte ? Ê

On les croyait donc véritablement inspirés par l'esprit de Dieu. Murmurer contre eux ou ne pas croire à leurs réveries c'était pécher contre le Saint-Esprit, se rendre coupable du péché irrémissible ?. Malheur done à qui les avait contre soi. «Bien des gens, dit Turretin, ne donnent dans le fanatisme, que parce qu'ils craignent les jugements terribles dont les fanatiques menacent ceux qui refusent de recevoir leurs prétendues révélations #. » Même des hommes de mérite subissaient leur influence. Tout en détestant assurément les impostures, tout en étant même partisans de l'ordre, ils accordaient leurs sympathies au parti et aux idées des Inspirés. Bien que persuadés de la présence au milieu d’eux de fourbes, d'orgueilleux et de rebelles, ils croyaient néanmoins aux communications de l'Esprit et aux révélations.

Dans cette pensée, que, animés par l'Esprit Saint, les Inspirés pouvaient lire dans l'avenir, leurs partisans, de plus en

plus nombreux, n’entreprenaient rien sans les avoir préala-

l Ed. Hugues : Antoine Court, tome I, p. 178.

2 Theätre sacre des Cévennes. Déposition d'Elie Marion. 3Mss. Court. Lettre de Corteiz à sa femme (12 mars 1723). 4 Turretin. Préservatif contre le fanatisme. ;

La

blement consultés. Leur réponse devenait ordre de Dieu. L’inspiration réglait tout parmi eux, les actes les plus ordinaires de la vie comme les plus importants.

Mais, chose grave pour le protestantisme, chacun d’eux avait la prétention de former, avec ses adhérents, la véritable Eglise. Chacune de ces petites sectes avait son culte particulier, et les croyances variaient de l’une à l’autre, quand ce n’était pas chez le même individu. « Un croit une chose et l’autre une autre, écrivait Corteiz ; Valadière ne croit pas Lucrèce, Lucrèce ne croit pas Françon de Vauvert, Françon de Vauvert ne croit pas Allière de Calvisson. Et il y a sujet de croire qu'autant de jours, autant de divers sentiments!. » Les uns voulaient, par exemple, que tous les chrétiens fussent inspirés, les autres que ce fût une prérogative que Dieu accordait à quelques fidèles en particulier. Turretin confirme les paroles de Corteiz. « Ils ne sont pas même d'accord avec eux-mêmes, dit-il, ce qu'ils ont posé aujourd’hui, ils le détruiront demain pour poser le contraire ?. »

Malgré ces divergences et ces contradictions, malgré l’incertitude de leur pensée et le vague de leurs sentiments, ils avaient certaines idées générales communes sur l'inspiration.

Nous avons vu comment, faute de guides spirituels et de livres religieux, les protestants en étaient arrivés à ne plus croire qu'aux révélations immédiates, internes, de Dieu.

Ils ne songèrent pas, de longtemps, à formuler leur croyance, les recueils de prophéties suffisant à leurs besoins spirituels. Elle fut précisée seulement vers 1715. Nous apprenons en effet, par une lettre de Corteiz de 1720, qu'il y avait à cette date, dans la Vaunage, quelques feuilles de papier écrites, que plusieurs de ces curieux croyants avaient copiées : ils les appelaient « le Livre de l'Esprit. » Il y était dit que Dieu le Père avait fait son ouvrage, Jésus-Christ de même Île

sien, et qu'à présent c'était le tour du Saint-Esprit. Il devait

1 Mss. de Court. Lettre de Corteiz, 24 décembre 1720. 2 Turretin, déjà cité.

agir par leur bouche, car la prophétie de Joël s’accomplissait sur eux par les actions qu'ils avaient faites et qu'ils faisaient tous les jours. |

Ils disaient « que les pasteurs de Genève étaient ces sages et entendus à qui Dieu cachait ses choses, mais que c'était à eux que Dieu les révélait, eux qui étaient les petits et qui avaient les sept dons du Saint-Esprit! ». Ils croyaient, par exemple, avoir le pouvoir de chasser les démons et de guérir les malades par l'imposition des mains. Dieu [ui-même leur parlant et leur révélant ce qu'ils devaient dire ou faire, et l’'Ecriture cessant d’être ainsi le moyen d'action du Saint- Esprit, les Inspirés en étaient arrivés à considérer la Bible comme insuflisante pour les instruire, et à prétendre qu'il ne fallait pas s’en tenir à l’Ecriture. « Nous regardons ces livres, disaient-ils, comme étant des ouvrages d'hommes et par conséquent apocryphes, nous n’y ajoutons point de foi?. » Ils disaient aussi que Dieu ne voulait plus de pasteurs *. Ils don-

naient leurs rapports personnels avec le Saint-Esprit comme

l’unique loi religieuse digne de respect et de créance, et ils

se défendaient en même temps contre l'accusation de renverser

Ja doctrine de l'Evangile. Ils prétendaient au contraire en donner le vrai sens et la droite intelligence. Ils considéraient cependant tous les autres chrétiens comme souillés et défendaient à leurs adhérents d'aller dans leurs temples, de fréquenter leurs assemblées et de participer avec eux au Saint Sacrement de la Cène.

On ne pourrait ne pas voir une certaine ressemblance entre ces doctrines des Inspirés et les principes des Quakers français. Si l’on admet que ceux-ci parurent dans la Vaunage, foyer du prophétisme cévenol, vers 1750, c'est-à-dire avant qu'aucun Quaker anglais ne fût venu dans le midi de la France, il faut

bien les considérer comme les héritiers des derniers Inspirés.

1 Mss. de Court. Lettre de Baptiste, 24 mars 1713. 2 Mss. de Court. Lettre de Corteiz, 12 mars 1723. $ Ils s’appuyaient sur Jérémie, XXXI, 34.

Désignés, en effet, tout d’abord sous le nom de Gonfleurs, ils recurent ensuite celui de Trembleurs, qui n’est que la traduction de Quakers. Bien qu’une lettre de 1759 parle des Quakers de Nages, de Langlade et de Calvisson !,-nous voyons ceux-ei se donner ce nom seulement en 1785.

Sans doute, les Quakers français n’eurent pas, à l’origine, un système de culte bien déterminé, mais seulement une propension vers le quakérisme. Nous retrouvons chez eux certains caractères des Inspirés : même mépris pour tout ordre établi, même haine pour les ministrès et les prêtres, même ignorance et même entêtement. [Isaac Elzière, de Saint-Ambroix, qui peut être considéré comme un des fondateurs de la secte, avait également des visions du genre apocalyptique. Leur point de départ et le ‘fond de leurs doctrines étaient semblables. L'enseignement du Saint-Esprit et de son témoignage en était le point central. Ils admettaient qu'il y a pour tous les hommes « une illumination par le Saint-Esprit, » et que sans lui « on ne peut rien comprendre n1 être chrétien. » Un quaker anglais, Barclay, assure que la connaissance de Christ, qui ne se fait pas par la révélation de son esprit dans le cœur, ne doit pas plus être estimée la connaissance de Christ, que le babil d'un perroquet à qui l’on a appris quelque peu de mots ne se peut appeler la voix d’un homme ; que la connaissance des choses divines, que l’homme naturel ou charnel a recueillie des Paroles et des écrits des hommes spirituels, n’est point du tout vraie pour lui; que les vérités spirituelles de l'Evangile sont comme des mensonges dans la bouche des profanes et des gens charnels, qu’elles ne sont qu'une repré- -sentation imaginaire des chôses?. Les Gonfleurs auraient applaudi à ce langage. Ceux-ei se débarrassèrent peu à peu des exagérations des derniers Inspirés, pour ne conserver que

leür vif sentiment de communion avec Dieu. Il se trouvait

1 Jaulmes. Les Quakers français, Thèse. Paris, 1898. 2 Turretin, déjà cité.

parmi les Gonfleurs un parti pacifique qui condamnait la haine et la violence et s’opposait à la guerre. Ils appelaient la guerre des Camisards « une affreuse rébellion contre la volonté divine. » Cet accord“de vues et de tendances nous explique le fraternel accueil que firent seuls les Quakers de Londres, en 1706, aux prophètes expulsés, et la facilité avec laquelle les Gonfleurs, lors des visites des amis d’outre-mer en 1785, adoptèrent leurs maximes et leurs usages.

Les Inspirés ne se contentaient point d’aflirmer. Ils citaient à l'appui de leurs théories les déclarations de l'Ancien Testament et celles de saint Paul. Ils voyaient dans le temps présent celui dont voulait parler Joël. Quelle époque en effet avait eu un plus grand besoin de prophètes ? Le protestantisme étaiten pleine décadence, les prédicants étaient des hérétiques, les chrétiens négligeaient de s’instruire des vérités de la religion et la corruption et les divisions s'étaient introduites parmi eux. Des révélations immédiates pouvaient seules guérir le mal présent. Rien n’empêchait qu'il y en eût. Il y en avait toujours eu, même aux premiers siècles de l’ère chrétienne, et l’Ecriture permettait d’en attendre de nouvelles. Le don de prophétie était éternel et, sur la recommandation de saint Paul, chacun devait s’efforcer de le posséder.

Les Inspirés s’autorisaient encore des suffrages des Pères, des Réformateurs et des théologiens modernes, à cause de ce qu'ils avaient dit de leur vocation extraordinaire et de la manière dont le Saint-Esprit éclaire, sanctifie et console les chrétiens !.

Leur expérience enfin leur fournissait des arguments. Jean- Baptiste, disaient-ils, a été nommé le plus grand des prophètes, lui qui n’a fait aucun miracle. Pourquoi ne seraient-ils pas inspirés, eux qui enseignaient des doctrines merveil-

leuses qu'ils n'avaient lues nulle part, qui n'avaient que de

1 Voir Turretin, Préservatif contre le fanatisme, Chapitres xvI-xxv.

bonnes pensées, eux dont les songes avaient leur accomplissement et les paroles de si bons effets ?

De tels principes ne pouvaient être que fort dangereux, non seulement pour l'Eglise et pour la société, mais encore pour tout homme quiles adoptait, par le mépris qu'ils inspiraient et pour la raison et pour l'Ecriture.

Les Inspirés rèvaient la restauration de la religion et ils la compromettaient par leurs billevesées et leurs rêveries. Ils troublaient l’ordre établi dans l'Eglise, par leurs attaques contre le culte public, les sacrements et les ministres. Ils anéantissaient le Vieux et le Nouveau Testament, et ils étaient pour cette raison une pierre de scandale pour certains qui en arrivaient à rejeter le Christianisme: À cette heure grave encore, ils affaiblissaient le protestantisme en dressant autel contre autel. |

Ils pouvaient de même, à cause de leur influence, occasionner des désordres et des troubles dans la société.

Leurs discours pouvaient surtout avoir de funestes effets sur les esprits faibles, et mettre les gens dans un état où ils auraient tout à craindre pour l’avenir. « Quoiqu'il y ait d’ordinaire beaucoup de confusion et de désordre dans leurs discours et dans leurs écrits, dit Turretin, ils ne laissent pas d’être plus dangereux pour les personnes d’un esprit faible et peu éclairé, que ne le seraient pour eux les livres et les discours des hérétiques qui écrivent avec le plus de netteté, d'ordre et de justesse apparente !. » Les Inspirés, en effet, jetaient parfois leurs auditeurs dans une si grande tristesse ou dans des alarmes telles qu'ils en devenaient malades. « Je m'en suis tirée depuis deux mois, écrivait Mademoiselle Symard à Court, car cela me jetait dans des états que j'allais mourant sur terre » et elle ajoute « que la plupart des gens

qui ont donné là dedans sont dans de grandes agitations ?, »

1 Turretin, déjà cité. 2 Mss. Court. (Lettre de M'e Symard à Court, 15 mars1721.)

Le fanatisme devait donc apparaître aux esprits éclairés comme un mal des plus dangereux. Si jusqu’en 1715 on avait regardé les Inspirés comme des gens malades et dignes de compassion et de pitié et sion ne les avait point condamnés rigidement par une retenue et sagesse chrétiennes, on ne pouvait plus maintenant supporter charitablement tant d’extravagances et tant de fourberies. Les pasteurs, avait-on dit, «instruiront eflicacement ces pauvres ignorants, guériront leur imagination gâtée et désabuseront aussi. ceux qui les admirent sans raison et les applaudissent !. » Mais ils n'avaient pu iriompher de leur obstination. L'heure était donc venue, où 1l fallait de toute nécessité ramener les égarés à la raison, et «punir les fourbes comme on punit des faussaires. » Une

restauration du protestantisme n’était possible qu’à ce prix.

1 Mss. Court. (Lettre du galérien Baptiste, du 24 mars 1713.)

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