LA PEINE DES GALÈRES
fer et gardée, formait l'u nique issue. Les murs avaient dix-huit pieds d'épaisseur.
Les protestants condamnés aux galères étaient envoyés à Dunkerque ou à Rochefort, à Toulon ou à Marseille. On les conduisait au bagne accouplés à des voleurs et à des assassins, attachés au cou, aux mains, aux pieds. On réservait pour eux les plus lourdes chaînes. S'ils tombaient de fatigue, on les relevait à coups de bâton. A leur arrivée au bagne, on leur mettait la casaque et le bonnet rouge, puis on les conduisait sur les galères. Là, les forçats étaient attachés deux h deux sur le bancdu navire, sans pouvoir aller plus loin que la longueur de leur chaîne, mangeant et dormant à leurs places. On les occupait à remuer de longues et lourdes rames qui faisaient mouvoir la galère. Le long des bancs s'élevait une galerie où se promenaient les surveillants, le nerf de bœuf à la main. Â l'heure des offices, au moment de l'élévation de l'hostie, ils forçaient le galérien huguenot à ôter son bonnet; s'il refusait on retendait nu sur le dos; quatre hommes lui tenaient les mains et les pieds, tandis que le bourreau armé d'une corde goudronnée, roidie par l'eau de mer, frappait de toutes ses forces. Le patient rebondissait sous la corde, les chairs se déchiraient, son dos ne formait qu'une plaie vive et saignante qu'on lavait avec du sel et du vinaigre. Quelques-uns recevaient jusqu'à cent cinquante coups de bâton ; s'ils s'évanouissaient, on les portait à l'hôpital, et à peine guéris, on achevait leur supplice (1). De nombreuses condamnations aux galères furent prononcées en 1712 et 1713.
(1) Bulletin, t. VII, p. 506.