‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 107 sur 243 · SÉRIEUX DES TEMPS · texte numérisé non relu

SÉRIEUX DES TEMPS

Nos temples ne sont-ils pas encore démolis, nos chaires abattues, nos troupeaux dispersés, privés de pasteurs et environnés de loups ravissants; ne sommes-nous pas à tous moments à la veille, s'il faut ainsi dire, d'être engloutis; ne pouvons et ne devons-nous pas nous écrier avec les disciples qui étaient dans la nacelle prête à faire naufrage : Sauve-nous, Seigneur, car nous périssons ! Je confesse tout le premier que je n'ai pas fait ce que j'aurais pu et dû faire en faveur de nos pauvres Églises, ma conscience m'en fait de sanglants reproches; le monde et la chair ont occupé une grande partie d'un temps précieux qui devait être entièrement consacré au service de Dieu et de son Église. Ne tombez pas, mon cher ami, dans mon défaut, profitez mieux que je n'ai pas fait des jours qui peuvent être abrégés à tous moments par mille accidents imprévus. J'ai aimé et j'aime encoio le plaisir, le badinage, tout ce qui flatte enfin le corps et l'esprit, mais lorsque je pense à ma fin et au compte exact qu'il faudra rendre à Dieu de toute ma conduite, je suis tout effrayé, je crains d'être traité comme ce mauvais serviteur qui enfouit son talent, comme les vierges folles qui n'eurent pas soin de garnir leurs lampes d'huile, on comme l'enfant prodigue qui dissipa sa légitime ; alors je m'écrie dans le fond de mon âme à mon divin Sauveur, qu'il me délivre de tous ces funestes appâts qui nous environnent. Hélas ! misérable que je suis, qui est-ce qui me délivrera de ce corps de mort ? Après avoir imploré le secours de mon Dieu, je sens couler dans mon entendement de nouvelles lumières et dans mon cœur de nouveaux feux pour former de nouvelles résolutions conformes à la volonté de Dieu ; heureux et mille fois heureux si j'étais fidèle et constant dans ces résolutions. On se laisse facilement éblouir par les charmes du monde et notre chair comme une traîtresse Dalila nous endort souvent pour nous livrer entre les mains de nos ennemis. 0 que le précepte de notre Seigneur est excellent, utile et nécessaire pour le salut de nos âmes! Veillez, nous dit notre bon Sauveur, veillez et priez. Veillons, mon cher ami, veillons

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