ACCUSATIONS CONTRE DU PLAN
sonnables ; mais si l'on ne parle plus de la chose, laissons-la dormir (i) »
L'opposition contre du Plan éclata lorsque, par les soins de Court, on fit dans les Eglises la collecte pour payer les frais du député. Chacun se l'efusa de fournir aux dépenses d'un homme qui soutenait les Inspirés et qui, disait-on, profilait de ses courses en Suisse pour propager ses idées. Court donna un formel démenti à ces accusations, on exhiba alors certaines lettres venues de Genève, et écrites par des réfugiés nommés Jourdan, Rey, Delor.
« Toutes mes représentations furent vaines, écrivait Court à son ami ; je n'ai rien pu obtenir. Un tel procédé m'a jeté dans la consternation; j'ai été souvent sur le point de prendre des résolutions violentes et j'en ai le cœur si gros et si serré, qu'il n'est pas surprenant si je ne me suis pas plus tôt déterminé à vous l'écrire. Au nom de Dieu, faites-moi laver la tête à ce Jourdnn et obligez-le à se rétracter solennellement de vive voix et par écrit. Je ne vois pas aussi quels moyens plus efficaces pour apaiser les murmures et disposer les esprits, qu'une attestation signée des plus qualifiés où il soit exprimé qu'on est parfaitement content de votre conduite. Il faut l'accompagner d'une lettre en forme d'apologie adressée au Synode prochain. Peutêtre que le remède sera souverain; une chose est certaine, c'est que le mal est fort grand. Vous connaissez la nature des esprits avec qui nous avons affaire : c'en est assez pour vous taire comprendre dans quel état je dois être. Ce ne serait rien encore si les prédicants n'étaient pas les premiers à témoigner leur mécontentement; mais ils me paraissent tous en général si mécontents qu'ils disent assez haut que vos sentiments en déshonorant la personne de le^r député, déshonorent en même
(1) N° 12, p. 89 (19 décembre 1725).