‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 110 sur 243 · PEINE QUE DU PLAN EN RESSENTIT · texte numérisé non relu

PEINE QUE DU PLAN EN RESSENTIT

temps toutes les Églises qu'ils desservent et qu'ainsi il est de nécessilé indispensable de retirer les attestations qui lui ont été données. Voilà de quelle manière m'en ont parlé même les plus modérés. Jugez encore un coup dans quel état je dois être et ce que je peux avoir dit contre une disposition si violente et si précipitée. Encore une fois et par grâce, fournissez-moi des armes pour vous défendre; voyez, examinez ce qui conviendrait le mieux pour guérir le mal ; n'épargnons rien pour le faire; c'est pour Dieu, c'est pour l'honneur de la religion, c'est pour le bien des Églises que nous agissons. Que rien donc ne nous sépare d'une si belle cause ; que les contradictions, la malignité, l'ignorance de certains esprits ne nous détournent point du but où notre zèle aspire D'un autre côté, tâchons de nous accommoder à la portée de ceux avec qui nous avons affaire. Dieu nous le commande, la chanté nous y oblige (1). »

Celte lettre dut plonger le cœur du zélé député dans la tristesse. La calomnie, l'ingralitude, l'oubli des engagements d'honneur, telle était la récompense de ses fatigues incessantes pour le bien des Églises! Que le noble gentilhomme dut souffrir dans sa dignité, dans son amour-propre! Néanmoins, il sut faire taire tout sentiment d'aigreur; il condescendit à justifier sa conduite et à donner toutes les attestations qui lui étaient demandées par son ami. En attendant, voici la lettre toute chrétienne qu'il se sentit pressé de lui écrire :

« Monsieur, mon cher ami, j'ai reçu votre lettre du 18 février, et quoique je voie les grands mouvements que vous vous êtes donnés en ma faveur, je ne suis pas tout à fait content des excuses que vous me faites d'avoir si longtemps

(1) N° 7, t. II, p. 371 (12 février 1726).

Page 1