DU PLAN DONNE AU SYNODE DES GAGES DE SOUMISSION
absent. Quant à ses violents adversaires, ils gardèrent le silence, mais ne désarmèrent pas.
En apprenant l'heureuse issue de cette grave affaire, du Plan s'empressa de remercier le Synode et lui donna de son côté de sérieux gages de soumission en prenant l'engagement de ne plus fréquenter les Inspirés :
« Puisque quelques personnes, écrivit-il à Court, zélées, mais d'ailleurs très-mal informées de mes sentiments, ont écrit contre moi et que les Églises se scandalisent de ma conduite quoique je leur envoie des attestations signées du vénérable Consistoire de cette ville, je veux bien, pour l'amour de la paix et pour l'édification de nos Églises, cesser absolument de mè trouver dans aucune assemblée d'Inspirés et fuir même leur commerce autant que la charité le peut permettre et cela pendant tout le temps de ma députation.
« Et comme les Églises sont pauvres et hors d'état de me payer la pension qu'elles m'avaient accordée, je ne leur demande rien du passé ni pour l'avenir, espérant qu'avec le secours de t)ieu et de mes parents ou amis, je leur rendrai des meilleurs Services que je n'ai encore fait à cause des accidents qui sont arrivés (1). »
H écrivit au Synode la lettre pastorale suivante ;
« Messieurs, mes très-chers et honorés frères en notre Seigneur Jésus-Christ. La grâce et la paix de Dieu le Père, et de Jésus-Christ son fils, soient avec vous.
t Quoique j'aie été exact à marquer à notre cher et bienaimé frère, M. Court, avec qui je suis en relations, tout ce qui regarde les intérêts de nos Églises et que je ne doute pas qu'il ne vous ait informé de tout ce qu'il est à propos que vous sachiez, j'ai cru qu'il était de mon devoir d'ajouter cette lettre ici pour vous assurer en esprit et en vérité au milieu de votre
(1) N» 12, p. 185 (28 mai 1727).
pieuse et vénérable assemblée, de mon affection la plus pure et de mon dévouement le plus parfait. Ce l 'est point la chair, ni le sang, ni aucun intérêt temporel qui m'a attaché à votre service; c'est Dieu seul par sa miséricorde infinie et rien ne sera capable de me faire abandonner votre service que la mort ou un concours unanime de suffrages à retirer les attestations que vous m'avez-tait l'honneur de m'accorder et de me confirmer en qualité de votre député. Il n'y a pprsonne qui n'ait ses ennemis. Les rois avec toute leur puissance, les saints avec toute leur sagesse, n'ont pas été à l'abri des mauvaises langues ; ainsi, moi qui suis un pauvre pécheur, presque sans pouvoir, appelé par ma vocation à attaquer l'empire du Démon et de l'antéchrisl, oserais-je me flatter d'être à l'abri de la haine, de l'envie et des faux rapports? Non, non, j'' ne suis pas assez aveui,le ou stupide que de me croire ni saiii ennemi, ni sans erreur, ni sans défaut; mais je sais que j'ai, grAce au Seigneur, des intentions droites et que mes amis sont plus nombreux et plus puissants et plus gens de bien que mes ennemis. Vous en avez eu, mes très-chers et bien-aimés frères, une preuve authentique dans les attestations honorables que le vénérable consistoire de cette ville m'a accordées et que notre très-cher frère, M. Court, à présentées en plein Synode. Je pourrais encore, s'il était nécessaire, vous envoyer d'autres pièces justificatives de ma bonne conduite et de la dignité avec laquelle j'ai suutenu le glorieux emploi dont il vous a plu de me revêtir malgré mes faiblesses et la malignité de mes ennemis. « Peut-être que si les Églises eussent été attentives à me donner un collègue comme j'ai demandé plus d'une fois, et à nous fournir à tous deux de quoi voyager, du moins comme des pèlerins, j'aurais procuré à ces Églises beaucoup plus d'avantages que je n'ai fait. Ceux que j'ai procurés ou que je suis à la veille de procurer ne sont pourtant pas à mépriser malgré l'accident qui est ariivé au pauvre Genoulhac qui a causé une perte très- considérable aux Églises, outre ce qu'il m'en a coûté en mon particulier pour soutenir pendant quel-