SON DÉSINTÉRESSEMENT
que temps sa pauvre femme et ses trois jeunes enfants qui sont en quelque manière la victime du zèle que leur père a témoigné pour le service de nos Églises. En vérité, il y aurait eu de l'ingratitude et même de la barbarie, si je n'avais fait toutes choses au monde, soit par moi-même, soit par mes amis, pour empêcher de souffrir cette pauvre famille désolée qui reçoit à présent sa subsistance en partie delà bourse française. Ce n'est pas, mes très-chers et bien-aimés frères, pour vous faire des reproches, ni pour me procurer la pension de 500 livres par an que vous m'aviez accordée et dont je n'ai retiré de deux ans passés de service que 250 livres, que je vous dis ici que j'ai été obligé d'emprunter une somme assez considérable pour fournir aux dépenses nécessaires pour exercer ma charge ; Dieu qui y a pourvu y pourvoira encore, s'il lui plait; mais c'est afin que si on me donne un collègue qui pourrait manquer du crédit que j'ai eu, on ait soin de lui fournir son nécessaire et afin aussi que mes ennemis ne me reprochent pas que je mange inutilement l'argent des Églises. Je ne suis pas né pour être à charge aux Églises, mais pour leur être utile; j'aimerais mieux verser mon sang jusqu'à la dernière goutte que de sucer inutilement la substance des membres de Jésus-Christ, mon Sauveur. J'ai écrit plusieurs fois à MM. Corteiz et Court que je ne prétendais retirer ma pension qu'après que tous les prédicateurs seraient payés. Je voudrais être en état de les entretenir tous, on verrait avec évidence de quelle affection je suis porté envers ma chère patrie, mes chers amis et collègues, en l'œuvre de notre Seigneur. Tout ce que je vous demande, mes très-chers frères, c'est que vous n'écoutiez pas avec trop de facilité les calomnies, que vous fassiez attention à mes attestations accordées par un des plus vénérables consistoires du monde; que vous vous souveniez que nous avons tous nos erreurs et i nos faiblesses, que personne n'est sans ennemis, que je ne vous demande point votre or ni argent, mais seulement votre amour et vos prières ; vous me les devez puisque je vous aime d'un cœur très-sincère, que je me suis employé depuis