CULTE DOMESTIQUE
che, autour du foyer, à l'heure où dans les jours de paix 011 se rendait à la maison de Dieu :
« Grand Dieu que les cieux des cieux ne peuvent comprendre, mais qui as promis de te trouver où deux ou trois sont assemblés en ton nom, tu nous vois rassemblés dans cette maison pour t'y rendre nos hommages religieux, pour y adorer ta grandeur et pour y implorer tes compassions. Nous gémissons en secret et d'être privés de nos exercices publics et de n'entendre point dans nos temples la voix de tes serviteurs. Mais bien loin de murmurer contre ta Providence nous reconnaissons que tu pouvais avec justice nous accabler par tes jugements les plus sévères; ainsi nous admirons ta bonté an milieu de tes châtiments. Mais nous te supplions d'avoir pitié de nous. Nous sommes sans temples, mais remplis cette maison de ta glorieuse présence ! Nous sommes sans pasteurs; mais sois toimême notre pasteur. Instruis-nous des vérités de ton Évangile. Nous allons lire et méditer ta parole. Imprime-la dans nos cœur ! Fais que nous y apprenions à te bien connaître, et ce que tu es et ce que nous sommes ; ce que tu as fait pour notre salut et ce que nous devons faire pour Ion service ; les vertus qui te sont agréables et les vices que tu défends ; les peines dont tu menaces les impénitents, les tièdes, les timides, les lâches et les profanes, et la récompense glorieuse que tu permets à ceux qui te seront fidèles. Fais que nous sortions de ce petit exercice, plus saints, plus zélés pour ta gloire et pour ta vérité, plus détachés du monde, et plus religieux observateurs de tes commandements. Exauce-nous, par ton Fils (<). »
Quelquefois, mais trop rarement, ils avaient la visite d'un pasteur : couverts d'habits empruntés ou bien de chapelets et de reliques pour mieux détourner les
(1) cil. Coquerel, t. I, p. 97, 98.