LES SYNODES SUPPRIMENT LE TRAITEMENT DE COURT
ter et de nous réveiller les uns les autres. J'ai besoin autant ou plus que vous qu'on m'exhorte, qu'on me donne des avis et qu'on m'empêche de m'endormir, parce que je sens que la chair qui enveloppe notre esprit est comme une traîtresse Dalila qui nous flatte et nous endort si nous ne veillons et prions continuellement (1). »
Malgré ces sollicitations, Court ne voulut point quitter la Suisse et rentrer en France. Les Synodes, irrites de sa conduite, après avoir refusé de lui expédier ses livres, lui supprimèrent son traitement. Court, qui avait gardé jusque là un silence inexplicable, se plaignit enfln de ce qu'on attentait à sa liberté, de ce qu'on lui voulait faire violence. Du Plan ne se lassa pas de le rappeler fermement au devoir.
e Si j'étais le maître des Synodes, lui écrivit-il, je sais bien ce que j'aurais fait de vos livres et de la pension qu'on vous fait en France; je vous aurais renvoyé régulièrement votre pension et je vous aurais payé vos livres jusqu'à ce que votre charité pour les Églises se fût rallumée ou refroidie entièrement; mais chacun pense à sa manière. Ces Messieurs qui servent là-bas sont bien aise de vous voir soumis à la loi des livres et que votre pension serve à entretenir ceux qui labourent le champ du Seigneur, et cela d'autant mieux que les amendes ont apauvri le pays, que le nombre des pasteurs est multiplié, que vous avez une pension ailleurs et que vous ne daignez pas répondre aux lettres qu'on vous a écrites et aux sollicitations qu'on vous a faites par ma bouche. Il ne faut pas dire que vous n'avez pas eu le temps, puisque vous avez eu plus d'un an pour y penser et qu'il s'est tenu un Synode national et des colloques à qui vous auriez pu faire savoir votre volonté, sans compter que M. Corteiz ayant été établ
(1) N° 12, p. 345 (30 juin 1730).