‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 149 sur 243 · ATTESTATIONS DU SYNODE DE · texte numérisé non relu

ATTESTATIONS DU SYNODE DE

et lamentable état de nos Églises gémissantes sous la croix, vous suppliant très-humblement de nous accorder quelques secours pour le soulagement et l'encouragement tant des pasteurs que des troupeaux désolés ;

€ Des troupeaux, ruinés par les fréquentes et exhorbitanles amendes qu'on fait payer sans pitié et sans miséricorde ; que si nous achetons et recevons quelques livres, nos ennemis cherchent de nous les enlever et brûler, comme chacun sait qu'il est arrivé à Nimes et aux environs d'Alais;

« Et des pasteurs, puisque nos fidèles se trouvent réduits à l'indigence et les pasteurs n'ayant pas de leur propre fonds de quoi se soutenir, notre bien se trouvant pris et confisqué par la régie et par là hors d'état de nous pouvoir soutenir dans les fonctions de notre ministère ;

« Nous vous supplions très-humblement de nous faire sentir, dans ce pressant besoin, les effets de votre compassion et de votre protection.

€ Nous vous supplions aussi de prier et intercéder en notre faveur notre Roi, de retirer la verge qui nous frappe.

« Mais surtout nous supplions toutes les bonnes âmes de prier le bon Dieu, père de miséricorde, qu'il ait pitié de nous, qu'il élargisse nos prisonniers, qu'il console nos affligés, qu'il rétablisse nos Églises et qu'il nous tire de la triste nécessité où nous sommes d'importuner nos frères qui sont en liberté.

« Il n'est pas nécessaire de marquer ici le nombre considérable qu'il y a encore dans ce royaume, puisque vous en êtes déjà informés et que Monsieur notre député pourra le faire luimême.

« Nous vous disons cependant que depuis peu, bien des âmes tièdes auparavant se sont réveillées et même des familles papistes se sont unies à nos Églises.

« Nous supplions humblement le Seigneur de conserver éternellement au milieu de vous le flambeau de sa Parole et qu'il vous donne toujours le moyen de secourir les misérables.

LETTRE d'envoi DU SYNODE 215

< Du Désert de notre assemblée synodale, le vingt- septième septembre dix-sept cent trente.

« Signé : P. Durand, pasteur et modérateur; — Corteiz, pasteur et modérateur-adjoint; — Joui, député des Églises du Languedoc; — Roger, pasteur et député du Dauphiné; — Bétrines, prédicateur et député; — Fauriel, dit Lassagne, pasteur et secrétaire; — Maroger , prédicateur et secrétaire-adjoint. »

Voici la lettre d'envoi que le Synode écrivit en même temps à du Plan :

« Nous, les pasteurs et prédicateurs assemblés en Synode national dans le Vivarais, à notre très-honoré et bien-aimé frère Monsieur du Plan, notre député général.

« Nous renouvelons, Monsieur, par les motifs marqués dans les présentes instructions, la prière que nous vous avons faite plus d'une fois d'exécuter votre députation vers les augustes et bénignes Puissances protestantes.

« Nous ajoutons encore que vous ayez la bonté de ne différer plus longtemps cette affaire autant pressante qu'intéressante. n nous parait. Monsieur, que de la renvoyer, ce serait une négligence condamnable vu les diverses nécessités de nos Églises affligées.

« Il est à espérer qu'un tel voyage nous serait d'un secours très-considérable, puisque les fruits de vos sollicitations auprès de quelques-uns de nos illustres et gracieux amis, nous sont presque un sûr garant, de celles que nous vous prions de faire.

« Quel plaisir ne nous serait-ce pas. Monsieur, si par la grâce de Dieu, la réussite de votre voyage arrêtait bientôt les maux qui nous consument, et qui, si Dieu n'y remédie pas, nous vont bientôt mettre à deux doigts de notre ruine. Quel bonheur ne serait-ce point pour nos chers frères sous la croix, si, outre le soulagement de leurs maux, vous veniez, par vos soins assidus et vos justes intercessions, à obtenir la bien-

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