‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 156 sur 243 · LE SUCCÈS COURONNE SA PERSÉVÉRANCE · texte numérisé non relu

LE SUCCÈS COURONNE SA PERSÉVÉRANCE

une partie considérable d'un capital que mes parents m'ont envoyé ; je n'ai reçu aucun présent que je n'aie rendu au double d'une manière ou d'autre, ce qui a produit uix très-bon effet pour la cause que je m'intéresse et m'a fait en même temps honneur. Je me suis accrédité d'une manière que je pourrai servir plus utilement nos Églises et mes amis aussi, en temps €t lieu. Je dis en temps et lieu, car il faut savoir prendre son temps, autrement on gale tout, comme ceux qui veulent moissonner avant que le grain soit mùr ou même qu'on ait semé et labouré avec peine (1). »

Hàtons-nous de dire qu'il eut cependant quelques encouragements vers la fin de son séjour à Londres. C'est lui-même qui nous l'apprend :

« Je ne crois pas à présent de faire un long séjour dans cette ville. Après avoir bien couru et bien sollicité pendant quinze ou seize mois fort inutilement, Dieu a touché le cœur de quelques personnes de considération qui m'ont assuré que mon voyage ne serait pas infructueux ; j'ai tout sujet de croire ce qu'ils ont dit; je me suis contenté de leur indiquer les personnes à qui on devait s'adresser pour recevoir leurs bienfaits et de les remercier de leur bonne volonté que je prie le Seigneur de leur continuer. J'ai tenté une autre ressource, mais je trouve des contredisants qui crient contre les assemblées et qui prêchent misère. J'espère cependant que j'arracherai pied ou aile (2). »

Enfin, après vingt mois de pressantes sollicitations et de prières à la Cour, Dieu exauça les vœux de du Plan et toucha le cœur du roi d'Angleterre. Il avait déjà gagné à ses intérêts la reine et le chevalier Schaub

(1) N- 12, p. 523 Ganvier 1734).

(2) N" 12, p. 579 (avril 1733).

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