‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 157 sur 243 · GÉNÉROSITÉ DE DU PLAN ENVERS LES RÉFUGIÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉROSITÉ DE DU PLAN ENVERS LES RÉFUGIÉS

qui devint un de ses amis les plus dévoués. Le roi lui donna une audience, écoula avec bienveillance le récit des malheurs des protestants français et voulut bien faire au délégué un présent de mille pièces d'or. Il promit même de le répéter chaque année et la reine nomma l'évéque de Londres pour réclamer ce don royal.

Tout en s'occupant des intérêls généraux de l'Église, du Plan ne négligea pas ceux de ses amis. Il se donna, en particulier, beaucoup de peine, mais pas toujours avec succès, pour ramasser des matériaux pour Antoine Court qui s'occupait en ce moment d'écrire l'histoire des Églises réformées.

Il sollicita aussi en faveur des réfugiés qui avaient fui leur patrie et qui débarquaient à Londres misérables, dénués de tout. Un jour, il vit arriver un ancien de l'Église qu'il avait connu dans le Midi et dont la maison hospitalière avait été ouverte à tous les prédicants; il se nommait Gas. Sa femme s'était sauvée à Genève, et lui, en traversant la Savoie, avait eu le malheur de perdre ses deux chevaux. Il arriva à Londres « sans habit, sans chemise et sans argent. » Du Plan le reçut chez lui et écrivit à Genève pour qu'on y prit soin de sa femme.

« Elle vient de m'écrlre de Genève où elle s'est sauvée, qu'elle a vendu ses hardes pour vivre et que souvent elle manque de pain et que sa fille aînée qui s'est sauvée avec elle, est malade. M. Vial leur fait avoir trois florins par semaine, mais cela ne suffit pas pour les soutenir. Si vous pouviez les faire recevoir à Lausanne pour quelque temps, nous verrions ensuite de les placer à Berne ou à Zurich, ou ici, si le mari peut y faire ses affaires. Je vous aurai en mon particulier

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