‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 160 sur 243 · VOYAGE EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

VOYAGE EN ALLEMAGNE

11 refusa toujours les présents qui lui étaient offerts à lui personnellement; c'est ce qu'il avait déjà fait en Suisse, en Angleterre et partout ailleurs. Ce n'est pas que sa position pécuniaire fût brillante, loin de la, mais il le faisait par délicatesse de conscience. Depuis la perte de son héritage, le député vivait avec la plus stricte économie.

« Je suis comme un vaisseau qui a échoué sur le sable; s'il ne vient quelque marée et un vent favorable, je risque de rester encore ici et de faire jeûner mes deux hommes (1) qui font depuis longtemps une maigre chère, ce qui n'empêche pas qu'ils ne me soient fidèles car ils ne savent pas où donner de la tête. Pour moi, j'ai quitté le vin depuis longtemps et me suis réduit à la bière. Tout est cher ici; ma chambre me coûte environ dix francs de Genève par mois et le reste à proportion (2). »

Parfois il tente le sort; il persiste à mettre à la loterie, mais il n'est pas plus heureux en Hollande qu'à Genève.

« La fortune du hasard ne m'est pas favorable; il faut que j'en cherche une plus solide qui ait son fondement sur la sagesse et la vertu et c'est Dieu seul qui, par sa grâce, veut et peut nous communiquer cette sagesse et cette vertu qui peuvent nous rendre heureux indépendamment des richesses et des grandeurs de la terre (3). »

VOYAGE EN ALLEMAGNE ( 1 735 - i 737 )

Du Plan quitta la Hollande en octobre 1735, et vint en Prusse où il fut loin de trouver la même générosité.

(1) Gas et le prédicant Chapel.

(2) N" 12, p. 533 (juillet 1734).

(3) N° 12, p. 533 (juillet 1734).

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