IL OBTIENT UNE AUDIENCE DU ROI DE PRUSSE
€ Il y a comme deux mois que je suis ici, écrivait-il à son ami, et quelques soins que je me sois donnés, je ne vois encore aucun fruit de mes peines. Comme je ne mets point ma confiance sur les moyens humains qu'autant que Dieu les vent bénir, je ne serai point confus dans mon attente (1). »
Ces courses commençaient à le fatiguer.
« Je désire de retourner en Suisse le plus tôt qu'il me sera possible. Je suis las de courir le monde et je souhaite fort de revoir mes anciens amis ! »
Il essaya d'obtenir une entrevue du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume; mais celui-ci, tout entier à ses soldats, ne prêta qu'une médiocre attention aux doléances du député; Guillaume était d'ailleurs l'allié de Louis XV et ne pouvait secourir des hommes que la Cour traitait en rebelles.
Du Plan ne se découragea point, il revint à la charge, écrivit de nouveau au roi. Cette fois, celui-ci promit d'intercéder pour les galériens de France et offrit de recevoir dans ses États ceux qui voudraient encore s'y réfugier. Voici en quels termes il répondit aux sollicitations du délégué des Synodes ;
« Monsieur du Plan ,
« Votre lettre du 3 1 mai m'est bien parvenue. Pour y répondre, je vous dirai que si vous êtes en état de m'indiquer un certain nombre de familles de la France qui voulussent s'établir ici, j'y donnerais volontiers la main et je leur accorderais tout ce qu'ils sauraient demander raisonnablement, mais quant
(1) N" 12, p. 555 (6 décembre 1735).