ARRIVÉE DE SA TANTE ET DE SA SŒUR A GENÈVE
aux propositions que vos méditez de me faire, vous pouvez être assuré que j'ai des raisons pour n'y pas entrer.
« Votre bien affectionné,
« F. Guillaume.
« Postdam, ce 8 juin 1736. »
Désespérant de rien obtenir de la Cour, du Plan alla quèler chez les particuliers. Celte œuvre délicate et pénible lui fut facilitée par des amis et des compatriotes qu'il retrouva établis à Berlin.
C'est vers cette époque qu'il apprit l'arrivée de sa tante Lèches et de sa sœur à Genève. Il leur écrivit aussitôt :
« Berlin, le l*'' mai 1736.
« Mesdemoiselles, mes très-honorées et chères mère et sœur,
« Loué soit le Seigneur; je viens d'apprendre par une lettre que notre bon ami, M le pasteur Vial, a eu la bonté de m'écrire que vous êtes heureusement arrivées à Genève. La seule chose qui a ralenti un peu ma joie, c'est que ma chère mère se trouve incommodée ; mais j'espère, s'il plaît à Dieu, que cela n'aura pas de suites. Vous me ferez plaisir de me donner de vos nouvelles, le plus tôt que vous pourrez. Je serais inquiet si je n'en recevais pas. Si mon devoir et même mes intérêts temporels, comme notre bon ami vous pourra mieux expliquer, ne me retenaient encore dans ce pays, je ne différerais pas de vous venir joindre à Genève; mais il est nécessaire que je diffère cette satisfaction afin qu'elle ne soit pas accompagnée des reproches de ma conscience et du dérangement de mes affaires que j'espère, avec l'aide de Dieu, de mettre dans une situation à pouvoir vivre de nos rentes sans toucher à notre petit capital. Je prie M. Vial de vous remettre les billets que je lui ai confiés en votre absence; je lui ai mille obligations dont je ne perdrai jamais la mémoire. Il aura