IL LEUR ÉCRIT UNE LETTRE DE BIENVENUE
la bonté de vous faire part de ses conseils ; je crois que ce sont les meilleurs que vous puissiez suivre. A présent que vous êtes dans un pays libre, je vous donnerai de mes nouvelles aussi souvent que vous le souhaiterez ; donnez-moi seulement votre adresse car il n'est pas juste de causer ni peine ni dépense à nos amis lorsqu'on peut les épargner. J'ai reçu tant de marques d'amitié de M'"'^ Dumas (1), notre chère compatriote, que je regarde et regarderai toujours comme une mère. Je suis ravi que vous logiez chez elle et que vous ne vous quittiez pas. Elle a voulu me faire son héritier, et tout ce que j'ai est à son service. Vivez ensemble et ne vous épargnez rien de ce qui pourra contribuer à votre santé et à votre agrément. Vous ne me feriez pas plaisir de vous plaindre rien en ma faveur ; au contraire, je serais fâché. Je me porte à présent fort bien, Dieu merci; je suis presque entièrement délivré d'un mal de gorge que j'ai gardé près de trois ans. L'air de Berlin m'a été favorable. Je vois souvent la famille de M. Meynadier qui sont des personnes de mérite et me font beaucoup d'amitié. Ils me chargent de vous saluer de même que M. de la Motte, M. de Lamelouse, M"« de Baudan et M. de Lancizole, vénérable vieillard, oncle de celui qui a hérité du bien de mon père, mais qui a beaucoup de mérite. J'ai de la joie de voir toutes ces personnes de notre pays, comme vous en aurez de voir à Genève celles qui en sont aussi, comme les dames de Lavabre, les Baudan, MM. Meynadier et leurs épouses, M. Gasc, Icarde et Felinesse, que je vous prie de saluer quand vous les verrez. Je me recommande toujours à l'amitié et aux prières de vous trois que j'estime et que j'aime tendrement et auxquelles je serai toujours avec respect et reconnaissance votre très-humble et afifectionné frère et serviteur.
« Du Plan. »
(1) C'était sa mère nourrice pour laquelle du Plan avait l'affection d'un fils-, elle était réfugiée à Genève avant qu'il y vînt.