‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 171 sur 243 · IL PUBLIE UN APPEL PRESSANT · texte numérisé non relu

IL PUBLIE UN APPEL PRESSANT

dans les fers parmi toutes sortes de malfaiteurs et dans des prisons affreuses, qu'on a entrepris une collecte parmi quelques personnes charitables qui prennent part à la froissure de Joseph et qui se souviennent des prisonniers pour l'Évangile, comme s'ils étaient prisonniers avec eux, parce qu'ils les regardent comme des membres du corps mystique de Jésus-Christ que nous reconnaissons pour notre chef, notre roi, notre Sauveur et notre Dieu, de qui nous attendons toute notre félicité.

« Le nombre des galériens est présentement de 18; celui des prisonniers au fort de Brescou, situé dans la mer, est de ^ 0 ; celui des prisonnières dans la tour de Constance, est de 22 ; sans compter \ 7 femmes qui ont été arrêtées depuis peu, près de Nimes, en revenant d'une assemblée religieuse et qu'on a condamnées à une prison perpétuelle dans cette tour.

« Nous avons appris aussi, depuis peu, qu'on a tué à coups de fusils deux ministres en Vivarais, l'un appelé Vernet, l'autre Lassagne, fuyant un détachement; on a aussi arrêté, dans ce quartier, sept femmes, parmi lesquelles se trouve l'épouse de M. Lassagne , enceinte de six mois : toutes ces victimes de la persécution subiront apparemment, selon les arrêts, le sort d'une prison perpétuelle.

« Il faut noter que la Tour de Constance, qui est à Aiguesmortes, ville du Bas-Languedoc, est une prison où l'on envoie ceux qu'on veut faire périr peu à peu, sans éclat. La ville d'Aigues-Mortes était autrefois un port de mer; mais depuis que la mer s'est retirée, elle se trouve presque déserte, sans fabriques et sans négoce; tous les environs sont remplis de marécages qui causent la stérilité du terroir et la disette, jusqu'à l'eau qu'il faut acheter parce qu'on va la chercher jusqu'à deux lieues de la ville. L'air aussi y est si malsain que les maladies y sont fréquentes et que la plupart des habitants portent le deuil. Si la ville est pauvre et malsaine, la prison l'est encore davantage, à cause d'une plus grande misère et du peu d'air qu'on y respire à travers quelques petites ouvertures de murailles qui sont extrêmement épaisses.

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