MORT DU ROI DE PRUSSE
toute sorte de bonheur et de prospérité dans cette basse terre, et la gloire de son saint paradis à la fin de votre carrière. Veuille ce grand Dieu, par sa bonté paternelle, vous combler de ses plus précieuses grâces et jeter ua coup-d'œil favorable sur vos bonnes entreprises. J'espère de votre bonté que vous ne m'oublierez pas dans la triste situation où mes péchés m'ont réduit, non plus que dans vos prières et suis, avec un profond respect, Monsieur, votre très-humble et très-soumis serviteur.
« Gleize, sur la galère Héroïne.
« Si on a tant tardé à vous écrire, notre frère Villevaire a gardé la lettre de notre frère Chapel un mois et demi sans me la faire voir. J'assure de mes respects notre frère Chapel. Notre frère Martin vous assure l'un et l'autre de ses profonds respects et se recommande à vos tendres soins. »
Du Plan avait à peu près relevé son œuvre et se disposait enfin à répondre aux prières de sa tante et de sa sœur, lorsqu'au moment de s'embarquer et de partir pour Genève, un nouvel événement important, la mort du roi de Prusse, vint encore renverser ses projets.
Ce roi avait rendu des services aux Églises en obtenant de Louis XV, sur les instances de du Plan, la délivrance de plusieurs personnes récemment arrêtées; mais ses relations d'amitié avec la cour de France, l'empêchaient de se mêler davantage des affaires de religion. C'est ce qu'il avait écrit lui-même à du Plan (1), Son fils, disait-on, n'avait pas les mêmes ménagements à garder. Du Plan hésita s'il irait à Berlin pour y plaider sa cause, ou s'il retournerait à Genève. Il laissa à sa tante le soin de décider la question :
(1) Voir sa lettre, page 228.