‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 176 sur 243 · GÉNÉROSITÉ DE DU PLAN · texte numérisé non relu

GÉNÉROSITÉ DE DU PLAN

vrai, lui avait coûté beaucoup de soins et beaucoup d'argent.

e Mais aussi j'ai gagné le procès avec dépens, et supposé que j'aie sacrifié quelque chose de mes propres intérêts pour mes frères, j'espère qu'ils y auront un jour égard, quand je les aurai mis en état de me témoigner leur reconnaissance ainsi que cela a bien commencé (1). »

Du Plan allait donc partir poui* Berlin, espérant réussir aussi heureusement qu'en Angleterre, lorsqu'il apprit que le roi de Prusse se mettait en campagne pour conquérir la Silésie : nouveaux relards, nouveaux renvois; il en fut le premier désappointé. Si ces événements, indépendants de sa volonté, le tenaient éloigné de sa tante et de sa sœur, il ne cessait de s'intéresser à elles; il se préoccupait de leur position, de leurs besoins et y suppléait dans la mesure de ses moyens.

« e J'ai appris, leur écrit-il, que vous usiez beaucoup d'épargne, ce qui ne convient pas lorsqu'on est parvenu à un certain âge et qu'on a de quoi se servir. Je vous prie donc, s'il vous plait, de vous procurer mieux vos aises que vous n'avez fait jusque ici. Je fais la même prière à ma chère sœur, à qui je renouvelle les assurances de mon affection cordiale. Quand vous n'auriez point de ressources en France ni à Genève, tout ce que j'ai ou que j'aurai au monde sera à votre service. Je puis même commencer à vous aider après avoir reçu tant de marques de votre amitié que je n'oublierai jamais (2) »

Cette lettre devait être une des dernières que M"* Lèches recevait de son neveu : elle mourut dans le

(1) Lettre à sa tante, sept. 1740. (C'est nous qui soulignons.) (2; Lettre du 26 février 1741.

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