‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 179 sur 243 · MONSIEUR LE PASTEUR SERGES · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PASTEUR SERGES

ble. Elle n'a pas vonlu accepter les dix guinées que vous aviez remises à M. Gaussen, il y a quelques semaines, parce qu'elle croit que vous en avez plus besoin qu'elle et qu'elle souhaite votre bonheur autant que le sien propre; elle vous prie, au nom de Dieu, aussi bien que moi, de vous mettre en état de n'avoir besoin de personne et de vous amasser quelque chose pour vos vieux, jours. M''^ Jalabert, d'Alais, loge dans la même maison qu'elle; cette demoiselle a une nièce qu'elle lui a donnée pour coucher avec elle, et vous pouvez compter que si la fille de M. Trélis vient, elle sera très-bien reçue. La pauvre Icarde vit toujours, elle est en bonne santé et se dispose à aller passer l'hiver en Suisse, à Yverdun, auprès d'une demoiselle de Genève qui y est mariée et qui souhaite de l'avoir auprès d'elle. M"^ Suzon vous demande encore une grâce, qui est de lui apprendre si elle doit se flatter de vous voir encore une fois en sa vie, ou s'il en sera d'elle comme de votre tante. Tâchez de la contenter et regardez-moi toujours comme étant parfaitement, Monsieur et cher ami, votre trèshumble et très-obéissant serviteur.

t VlAL DE BeAUMONT.

« A Genève, le 30 octobre 1741 . »

Du Plan dut se résigner à passer l'hiver de 1741 à Londres. 11 en profita pour collecter une somme importante qu'il fit parvenir à M. Via! de Beaumont pour les captifs et les captives de France. C'est ainsi qu'il répondait à ceux qui déjà commençaient à lui reprocher son long séjour en Angleterre, sous prétexte que sa présence y était inutile et plutôt à charge aux Églises. L'un d'eux, en particulier, se faisait remarquer par son peu de bienveillance; c'était M. Serces, pasteur de la chapelle française de Saint James :

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