IL EN APPELLE A DES ARBITRES
pauvreté? Il fixa lui-même une somme assez élevée; le chiffre en parut exagéré et le Comité refusa de payer. Le député n'avait-il pas dit et écrit plusieurs fois qu'il ne demandait rien des Églises? De quel droit exigeait-il donc aujourd'hui le payement de ses services? A cela, du Plan répondait avec raison que jamais, en effet, il n'eût importuné des Églises incapables de se suffire à elles-mêmes ; mais cet engagement il ne l'avait pas pris vis-à-vis de l'hoirie de Genève qu'il avait enrichie puisqu'il lui avait procuré plus de 10,000 livres sterling? Il se déclarait donc fondé dans sa demande et citait à l'appui de ses réclamations le témoignage des Vial de Beaumont, des Polier, etc.
En 1745, du Plan demanda qu'on nommât des arbitres et qu'on choisît des experts. Les deux partis écrivirent des mémoires. Serces dressa un véritable réquisitoire dans lequel il déversa sa haine contre le député; Antoine Court se mêla à la discussion en publiant son fameux Mémoires aux arbitres; du Plan écrivit à son tour deux mémoires, produisit ses comptes, justifia, pièces en main, ses affirmations, et enfin s'en remit à la sagesse et à la justice des arbitres. En 1751, ce tribunal rendit son arrêt : il disculpa entièrement le vertueux député des accusations calomnieuses que ses ennemis et Serces en particulier avait portées contre lui; quant aux prétentions du député, il lui accorda 100 pièces par an depuis 1731 jusqu'à ce jour; lui attribua 700 pièces dont 300 payables immédiatement, et lui en donna 50 autres de pension annuelle.
Ce jugement qui disculpe du Plan et met sa mémoire à l'abri de tout soupçon est trop important pour que nous le passions sous silence.