IL OBLIGE A REBAPTISER LES ENFANTS
les jours de la semaine. Ces recherches minutieuses les rendirent plus rares et plus secrètes. Néanmoins les tours de Ferrières, le fort de Brescou, les galères de Marseille et le Château d'If regorgèrent bientôt de prisonniers. Ce n'était qu'un commencement de douleurs.
En 1751, le nouvel intendant fit afficher dans toute la Province, une ordonnance qui défendait aux religionnaires non-seulement de se marier au Désert mais encore d'y faire baptiser les enfants. Cette ordonnance avait même un effet rétroactif; un délai de quinze jours était donné aux parents pour faire rebaptiser leurs enfants dans les Églises paroissiales selon le rit romain. Ce délai expiré, les curés étaient chargés d'envoyer à l'intendant la liste dos récalcitrants, qui étaient aussitôt écrasés d'énormes amendes ; les villes et les villages étaient occupés par un certain nombre de dragons ou de cavaliers de la maréchaussée. Dès leur arrivée, les soldats étaient placés dans les familles insoumises où ils recevaient quatre livres par jour par cavalier jusqu'à parfaite obéissance. En cas d'obstination, la garnison était renforcée et elle ne quittait le village que lorsque tous les enfants en avait été rebaptisés de gré ou de force. « Il y avait de ces enfants d'un certain âge, qui ne voulaient point absolument se laisser mener à l'Église et qu'il fallait traîner à force de bras; d'autres perçaient les cœurs et les airs des cris les plus touchants; des troisièmes se jetaient en lion sur ceux qui voulaient les saisir et leur déchiraient avec les mains et la peau et l'habit (1). »
Pour Irapper les protestants de terreur, Saint-Priest
(1) V. Mémoire historique, p. 63 et suiv.