ASSASSINAT DE PLUSIEURS CURÉS
voulut faire un exemple. Au mois de janvier 1752, il fit arrêter deux prédicants : l'un s'appelait François Bénézel et l'autre Molines, dit Fléchier. Le premier subit le dernier supplice à Montpellier, avec une admirable fermeté; le second ne put supporter la vue de l'échafaud et feignit d'abjurer. Après l'avoir placé dans le séminaire de Viviers, on le relâcha (l). Un nommé Roques, de Beauvoisin, fut aussi exécuté; il était faussement accusé d'avoir mis en joue l'officier commandant un détachement.
Ces exécutions répandirent la consternation dans toutes les provinces du Midi; les villages se dépeuplaient, hommes, femmes, enfants fuyaient l'approche des dragons; enfin, poussés à bout, fous de colère, quelques protestants firent de sanglantes représailles surtout contre les curés qu'on regardait, non sans raison, comme les seuls instigateurs de la persécution. Un jour le prieur de Ners qui se rendait à cheval à Vézénobres, rencontra en chemin deux prédicants armés. A peine était-il passé, qu'un coup de fusil retentit et le prieur tomba de cheval grièvement blessé. — Le soir du même jour, le curé de Quillan, réveillé en sursaut par des coups redoublés qu'on frappait à sa porte, se lève; à peine s'est-il montré à la fenêtre, qu'une balle lui fracasse le bras et il tombe inanimé dans sa chambre. — Le lendemain, le curé de Logrian, revenant de Quissac, fut arrêté, battu et laissé pour mort par trois hommes cachés eu embuscade. Nul doute que des
(1) Molines émigra après son abjuration et se retira à Amsterdam; le Consistoire accueillit l'apostat, le réconcilia avecrÉglise et lui fit une pension. Il vécut accablé de regrets et d& remords.