‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 209 sur 243 · LA PERSÉCUTION RECOMMENCE EN · texte numérisé non relu

LA PERSÉCUTION RECOMMENCE EN

en remplir l'objet, vous ferez une bonne œuvre ; on ma dit que le sieur Roijuet, père, demeurait au quartier de Petersfields; je m'imagine que vous pourrez découvrir aisément en quelle Université le fils éluJie. Mes très-humbles salutations, s'il vous plaît, à Messieurs Viala, Dunière et Cler. J'espère que vous aurez la bonté d'excuser les fautes de ma lettre, que j'ai été obligé d'écrire fort à la hâte. J'ai fait savoir à Monsieur Redonnel, ce que vous m'aviez chargé de lui dire. Il est du côté de Montpellier et se porte assez bien. J'ai l'honneur d'être avec une estime distinguée. Monsieur et très-hoaoré frère, votre trèshumble et très-obéissant serviteur,

€ Paul Rabàut.

€ Ce 9me mars 1753. »

Malheureusement ce temps de répit fut de courte durée. Le duc de Richelieu avait suspendu la persécution, non par esprit de tolérance, mais par impuissance; lorsqu'il eut les soldats qui lui manquaient, il put satisfaire les vœux et répondre aux prières des évêques et en particulier de l'évêque d'Alais. Avant de repartir pour Pnris, il tint à notifier lui-même ses ordres aux prolestants. Il vint à Nimes, à Alais, à Uzès, manda les principaux religionnaires, leur défendit d'aller au Désert et leur ordonna de chasser les prédicants. Dés qu'il fut parti, trente bataillons, disséminés dans les villes et les villages, occupèrent militairement la province entière, courant nuit et jour la campagne. Les assemblées devinrent impossibles.

« Il faut chasser d'abord les prédicants, disait l'abbé de Caveirac, qui portent nos concitoyens à désobéir, qui les provoquent à s'assembler, qui les encourngent à se marier au Désert, qui les baptisent, qui les endoctrinent : tant qu'ils resteront en France, on ne viendra

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