‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 214 sur 243 · SA GÉNÉROSITÉ ENVERS SES COMPATRIOTES RÉFUGIÉS · texte numérisé non relu

SA GÉNÉROSITÉ ENVERS SES COMPATRIOTES RÉFUGIÉS

dans la chapelle française de Spring-Garden, par leRév. J-J. Majendie. Les témoins de du Plan furent ses vieux et fidèles amis Pierre Gaussen, de Polier de Boltens et André Bousquet.

Deux enfants, une fille et un fils, vinrent bientôt égayer ce foyer et faire oublier au vieux serviteur de l'Église l'ingratitude et la méchanceté des hommes; son cœur aimant s'épanouit dans cet intérieur réchauffé par le dévouement d'une femme pieuse et par les douces carresses de charmants enfants. Il vécut encore assez longtemps pour les voir grandir et se développer sous ses soins paternels.

C'est de cet intérieur calme et paisible, port béni que la Providence lui avait ménagé à la fin de sa longue carrière, que du Pian suivait de loin les orages qui agitaient encore l'Église. Parfois il voyait arriver à Londres, dépouillés de tout, des compatriotes échappés au naufrage; ils allaient directement vers lui; n'étaitil pas le député des Eglises, et depuis longtemps le protecteur et l'ami des malheureux réfugiés? Sa maison ouverte à toutes les infortunes était devenue un vrai bureau d'adresses, de renseignements, et, quoiqu'il fût infirme et souffrant, il trouvait encore le moyen de rendre à chacun des services signalés en les recommandant à ses nombreux amis.

Parmi ceux qui reçurent les premiers des témoignages de sa sympathie et de sa protection, signalons ses anciens compagnons d'œuvre, ceux qui avaient tenu avec lui, au jour de la tempête, le gouvernail de l'Église et qui, maintenant, à bout de forces, venaient échouer comme des épaves sur la terre étrangère : Corteiz, Chapel, Roux, pasteurs et laïques, veuves de

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confesseurs, etc. Voici une note que nous trouvons dans les papiers du vieux député; c'est une minute qoi dut sans doute être adressée à quelque grand personnage; elle est datée du mois de novembre 1756.

< Parmi les objets qui sont dignes de notre estime, de notre affection et de notre secours, il me semble qu'on doit mettre au premier rang ceux qui souffrent actuellement sur les galères pour l'amour de l'Évangile.

€ On doit mettre au second rang, ceux qui ont souffert pour la vérité, qui jouissent à présent de la liberté de conscience mais qui sont privés en partie des choses nécessaires pour subsister.

€ On doit mettre au troisième rang, ceux qui ont abandonné leurs biens et leur patrie pour jouir de la liberté de conscience, qui sont pauvres et dont la vieillesse et les iuQrmités les mettent hors d'état de gagner leur vie.

« L'apôtre Saint-Paul nous exhorte de faire du bien àtous, mais principalement aux domestiques de la foi. Parmi les domestiques de la foi, nous devons avoir égard aux mérites de chacun et aux circonstances où ils se trouvent.

e Parmi ceux qui jouissent de la liberté de conscience, je mets au premier rang M. Pierre Corteiz, ministre de l'Évangile, réfugié à Zurich, et M. Jean Chapel, réfugié à la Haye.

« M. Corteiz a servi pendant plus de trente ans les Églises de France. Il a beaucoup souffert et beaucoup contribué k leur rétablissement. Il est vrai qu'il a une pension de L.L. E.E. de Zurich, mais il se trouve présentement vieux, infirme et chargé en partie de plusieurs petits-enfants de sa fille qui est morte nouvellement et de deux belles-sœurs infirmes qui ont souffert priur la religion, dont l'une est sortie depuis peu.

« M. Chapel a servi plus de vingt ans les Églises; il a beaucoup contribué au soutien de la religion par ses vives exhortations; il a souffert sept années de galères pour cela. Il est vrai qu'il a une pension de 230 florins de Hollande, mais il

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