PROJET DE LA BANQUE PROTESTANTE
courses continuellement, dérangent les assemblées, enlèvent les enfants pour les rebaptiser, inquiètent les peuples.
« Les enlèvements desjenfanls ont surtout lieu en Normandie ; depuis deux mois on en a enfermé sept dans des couvents .
€ D'autres provinces sans être aussi maltraitées éprouvent cependant à divers égards qu'il ne leur est pas libre de servir leur Dieu de la manière qui leur parait la plus convenable.
« Toutes d'ailleurs sont très-mortifiées du revers que vient d'essuyer le projet sur la banque protestante (1) et de l'accueil qu'on fait aux plus effrontés et plus spécieux libelles qu'on ait jamais écrit contre eux. Les auteurs du projet ont été censurés, réprimandés, et deux d'entre eux en sont ruinés. Quant à l'ouvrage de l'abbé de Caveirac, les commandants, la maison royale elle-même, affectent de le répandre et de le distribuer de tous côtés.
« Mon père se répand. Monsieur, en vœux en votre faveur : il se rappelle avec plaisir les courses qu'il faisait autrefois avec vous et votre amitié qui les assaisonnait. Il apprendra toujours avec un vif intérêt des nouvelles de votre état et de tout ce qui vous regardera, vous. Madame votre épouse et votre chère famille.
« J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
« Court, fils. »
Un an s'était à peine écoulé, que du Plan apprenait avec douleur la mort d'Antoine Court. Nous possédons
(1) En 1759, quelques protestants eurent l'idée d'acheter la tolérance à prix d'argent. Les finances du royaume étant très-bas et la Cour faisant argent de tout, ils avaient imaginé de fonder à Paris une maison de commerce, qui émettrait des actions; ils devaient faire appel à leurs coreligionnaires et aux réfugiés, et avec l'argent des protestants, ils comptaient prêter au roi sous certaines conditions stipulées. Ce projet échoua.