DOUCES CONSOLATIONS
sujets de consolation pour tous ceux qui s'intéressent à son bonheur ! Cir il ne faut pas douter que le serviteur de Dieu qui a combattu le bon combat, qui a été fidèle jusqu'à la mort, n'ait obtenu la couronne de vie que Jésus -Christ nous a acquise par sa mort. Le fidèle ne meurt donc point par la séparation de son âme d'avec son corps; au contraire, il vit plus que jamais, parce que son corps, qui est sujet à une infinité de fautes et de misères, arrête les opérations de son esprit, et que l'esprit, lorsqu'il est libre de son corps de mort et de tous les attachements du monde, voit Dieu sans nuages, contemple Jésus-Christ à face découverte; il est transformé à son image, il est rassasié de sa ressemblance. Si nous avons aimé et si nous aimons véritablement Monsieur votre père qui est présentement dans le ciel, réjouissons-nous de son bonheur, plutôt que de nous affliger de notre perte. D'ailleurs, nous ne l'avons pas perdu entièrement puisque sa mémoire ne doit point s'effacer de notre esprit, qu'elle nous doit être chère, que ses travaux, ses ouvrages ont été, sont et seront toujours très-utiles à nos Églises. Je puis ajouter encore pour notre consolation, que Monsieur votre cher père vit, non seulement dans le ciel et dans ses ouvrages, mais qu'il vit encore en vous; que vous êtes animé de son esprit, que vous avez ses talents, son zèle pour la gloire de Dieu, sa charité pour nos frères de France, son affection pour ses amis dont je me fais gloire d'avoir été du nombre; c'est pourquoi, je me ferai un devoir et un plaisir de vous témoigner, en toute occasion, la même estime et la même amitié qui régnaient entre Monsieur votre père et moi dans le temps que nous étions en France et en Suisse et que nous travaillions de concert pour la gloire de Dieu et pour l'édification de son Église.
« Grâces à Dieu, les Églises de France sont aujourd'hui, malgré les persécutions qui se sont élevées de temps en temps, dans un état beaucoup plus heureux et plus florissant que lorsque nous avons commencé. Monsieur votre père et moi, de nous intéresser pour elles ; il y a beaucoup plus de pasteurs et