‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 228 sur 243 · IL PRESSENT SA FIN PROCHAINE · texte numérisé non relu

IL PRESSENT SA FIN PROCHAINE

et que nous avons été souvent malades, nous nous sommes vus rarement et contentés de nous faire faire des compliments ; nous n'avons plus rien à démêler ensemble et je serais ravi de trouver l'occasion de lui rendre service.

« J'aurais bien souhaité que Monsieur votre père eût pu nous donner l'histoire des Églises de France depuis la Révocation, mais il faut se contenter de ce qu'il a fait, qui pourra servir à quelqu'autre qui remplira son dessein, quand il sera temps. Quoique l'histoire des Camisards ait été écrite par plusieurs auteurs catholiques romains et protestants, elle est néanmoins si curieuse, que plusieurs seront bien aises de l'avoir en France sous une nouvelle face. J'ai déjà parlé à deux ministres de mes amis pour vous en faire débiter en Angleterre. Comme le Refuge est fort diminué, que presque tous parlent anglais et que le pays est inondé d'ouvrages anglais, il ne se débite presque plus de français; de sorte qu'il n'y a que quelques curieux qui en achètent. M. Vaillant n'a pas voulu prendre sur son compte aucun exemplaire de l'Histoire des Camisards et je ne connais aucun autre qui veuille rien risquer sur cet ouvrage, de sorte qu'il faudra se borner à quelque peu d'amis qui en prendront argent comptant et remettre le reste à des libraires qui en vendront pour votre compte, moyennant un petit profit.

Sentant ses forces diminuer et sa fin approcher, Benjamin du Plan songea à l'avenir de sa famille. Il allait laisser une veuve et deux jeunes enfants sans fortune. Il ramassa toutes ses ressources et pria son ami, Le Maréchal, d'Alais, et son cousin de Fabre, de lui envoyer ce qui lui revenait encore de son père.

Voici la dernière lettre que nous trouvons écrite de la main de du Plan dans ses papiers de famille. Elle est encore adressée à son cousin Fabre; elle trahit les pressentiments d'une mort prochaine, et nous fait

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