DÉCLARATION DE
entre ses mains les rênes du pouvoir, c!!e le supplia avec un zèle vraiment chrétien, de briser les chaînes des forçats protestants. Le Régent libéra soixante-huit de ces infortunés, la sortie du royaume devint libre et les intendants du Dauphiné, de la Guyenne et du Languedoc reçurent Tordre d'être plus modérés. Il paraissait en effet bien disposé. Il déplorait les fatales conséquences de la révocation de l'édit de Nantes, et aurait voulu les réparer en ouvrant les frontières aux réfugiés frança s Malheureusement, il n'eut ni la volonté, ni le temps d'exécuter ses bons désirs. La nécessité de ménager l'épiscopat, son incrédulité, son indolence naturelle, son goût immodéré des plaisirs le rendirent insensible aux cris de douleur des réformés, et sa mère continua vainement à intercéder pour eux. Aux nombreuses requêtes des religionnaires, le duc d'Orléans répondit vaguement qu'il espérait trouver dans leur bonne conduite l'occasion d'user de ménagements conformes à la prudence.
Tout-à-coup en 1716, les espérances furent dissipées, les doutes tombèrent : le Régent, à son tour, devenait persécuteur. Au mois de juin parut et fut aflichée dans tous les bourgs et villages du Languedoc une ordonnance royale qui renouvelait toutes les lois restrictives du règne précédent contre les assemblées, les ministres et les prédicants. La stupeur des réformés fut immense. Antoine Court se fit l'interprète de ses frères dans une apologie qu'il écrivit à Roquelaure; il y protestait de la fidélité des réformés envers le trône; ils n'étaient point des factieux et ne sollicitaient que la permission d'aller dans les bois invoquer en pleine liberté le Dieu de leurs pères. « Au surplus, continuait-il, quel que