‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 41 sur 243 · SCHISME DE VESSON ET DE HUC · texte numérisé non relu

SCHISME DE VESSON ET DE HUC

l'emportèrent de nouveau et il retomba dans les mêmes fautes, violant les règlements établis et cherchant des partisans parmi les Inspirés, ennemis de toute discipline. Un Synode convoqué en 1720, le jugea et le révoqua de ses fonctions. C'était un acte hardi, dont les conséquences auraient pu être funestes pour l'Église : il était à craindre que Vesson, usant de sa popularité, ne créât un schisme et n'accrût les malheurs de la situation. Les protestants étaient décimés par la persécution et par la peste, fallait-il qu'ils se divisassent entre eux et donnassent à leurs mortels ennemis le spectacle de la discorde? Du Plan éleva la voix, non })our défendre Vesson, au contraire, il blâma sévèrement sa conduite et approuva qu'on l'eût mis au ban de l'Eglise; mais il s'efforça d'apaiser les esprits et de faire naître dans les cœurs aigris des sentiments de charité, de paix et de modération. Ses intentions furent mal comprises, on le confondit avec ceux dont il semblait prendre en main la cause ; laïques et prédicants l'enveloppèreut dans le même analhéme qui avait condamné Vesson et ses partisans. Malheureusement Court était absent; lui seul eût pu justifler son ami de ces injustes accusations.

Ce qui était à craindre arriva. La décision synodale porta l'irritation des Inspirés à son comble; ils se séparèrent de l'Eglise et se groupèrent autour de Vesson et de Hue qu'ils considérèrent désormais comme leurs chefs. Vesson se jeta dans le bas Languedoc et Hue dans les Cévennes.

Huc-Mazel, dit Mazelet, était presqu'un vieillard. Né à Génolhac, il avait été un des premiers camisards à lever l'étendard de la révolte ; quoiqu'il ne sût ni lire ni écrire, il prêchait avec un grand succès devant

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