‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 47 sur 243 · LEUR PROCÈS · texte numérisé non relu

LEUR PROCÈS

chemin de la vérité. » On trouvait enfin dans cette pièce un plat entouré d'une serviette, dont les quatre bouts étaient liés avec des rubans de différentes couleurs, et près de la fenêtre une table carrée munie d'une sonnette, d'une écritoire et d'une Bible. Le dessus de cette table était couvert de dessins emblématiques tels que balances, cœur, compas. Chaque objet avait, en effet, sa signification. Les lauriers représentaient la délivrance de l'Église; les oranges figuraient les biens qui devaient abonder pendant le règne de Jésus-Christ; le taffetas blanc tendu sur le plafond et les ganses de rubans aux quatre couleurs n'étaient autres que les livrées de noces du Saint-Esprit; la chaire représentait la montagne d'Horeb. Voilà où en étaient venus les successeurs des premiers inspirés, et comment les esprits et les cerveaux malades se laissèrent peu à peu séduire par des spéculations dont le résultat aboutit à la folie!

Le procès de ces malheureux s'instruisit rapidement. Convaincus d'avoir violé les édits qui interdisaient les assemblées, ils furent tous condamnés. Vesson, dans l'espoir d'échapper à la mort, offrit de livrer ses coreligionnaires; il ne demandait pour toute récompense que le secret et cinq cents écus; la chose se ferait fort convenablement aux fêtes de Pâques pendant que les réformés seraient assemblés en Synode; il se présenterait devant eux pour leur annoncer sa miraculeuse délivrance. Bernage dédaigna les propositions du traître et l'envoya à la mort avec Bonicel, Antoine Comte et une prophétesse de la secte. Le 2'2 avril, ils furent extraits de la citadelle en chemise, un cierge à la main et la corde au cou. Conduits devant la chapelle de la

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