‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 48 sur 243 · SUPPLICE DE VESSON ET DE HUC · texte numérisé non relu

SUPPLICE DE VESSON ET DE HUC

citadelle, puis devant la croix de l'Esplanade, ils firent amende honorable et furent pendus ensuite aux gibets élevés sur la place. Les autres prisonniers furent envoyés aux galères du roi pour y rester à perpétuité. M"" Verchand, Jeanne Mazaurigue et Suzanne Loubière durent assister à l'exécution de leurs complices et furent ensuite enfermées à la tour de Constance, ainsi qu'Anne Gaussent, dont le seul crime était d'avoir assisté aux assemblées sans avoir participé aux cérémonies. La maison fut rasée. Il ne resta de la secte que le nom de Multipliants, donné à la rue où elle était située.

Quelques semaines après l'exécution de Vesson, mourait du même supplice et au même endroit, le vieux Hue, son ancien ami. Arrêté dans une maison écartée de Saint-Paul-la-Coste, dans les Cévennes, il fut conduit dans la citadelle de Montpellier où Vesson se trouvait encore. Le vieillard était accusé d'avoir présidé des assemblées et d'avoir prêché : convaincu de ce double crime, il fut condamné à être pendu. On sait qu'elles avaient été ses aventures et la mobilité de ses opinions ; quelques-unes de ses idées sur le mariage, quelques tendances catholiques avaient plus d'une fois été l'objet de décisions synodales et disciplinaires; l'obstiné vieillard s'était roidi, séparé et était devenu, avec Vesson, par opposition, chef de secte. Au dernier moment, sous le coup de pressantes sollicitations, il renia son passé et abjura sa religion. Espérait-il que cette abjuration tardive le sauverait? Dans tous les cas, il se trompa; le 5 mai, au milieu d'un affluence extraordinaire, il fut pendu et il mourut avec une grande résignation. On lui fit de pom-

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