LETTRE DE DU PLAN A ANTOINE COURT A LEUR SUJET
peuses funérailles. Fiers de cette conquête à laquelle les prédicants ne les avaient pas habitués, les catholiques se pressèrent en foule à son enterrement. Deux cents pénitents marchaient à la tête du convoi et six cordeliers portaient la bière. Sur les ailes du cortège de nombreux ecclésiastiques ramassaient les aumônes des fidèles; enfin pour couronner celte bonne œuvre, le corps du vieil apostat fut déposé dans un caveau de Notre-Dame-des-Tables (1).
La mort de Vesson et de Hue Mazelet fut le dernier coup porté au parti des Inspirés ; après avoir fait naître les défiances et les craintes, ils tombaient sous le ridicule et le mépris. Benjamin du Plan, qu'on n'aurait pas dû confondre avec ces énergumènes et qui en avait d'ailleurs toujours répudié hautement les opinions, porta longtemps la peine des sympathies qu'il avaient eues pour les meilleurs d'entre eux. Il ne fallut rien moins que l'autorité de son nom et l'éclat de ses services pour arrêter les attaques de Pierre Corleiz et de quelques adversaires acharnés. Il dut prendre la plume pour se défendre de la complicité qu'on lui attribuait dans les menées de ceux que la justice venait de saisir et écrivit à Antoine Court pour le prier en même temps de convoquer un Synode dans le but de pacifier les esprits.
« Monsieur mon cher frère en Notre Seigneur Jésus-Christ,
« La sagesse, l'amour et la paix de Dieu soient avec vous.
« Puisque la Providence et la miséricorde de Dieu nous ont
appelés dans ce pays pour instruire, pour consoler et pour
(1) Ed. Hugues, déjà cité, t. i, p. 209.