‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 50 sur 243 · IL DÉFEND SA CONDUITE · texte numérisé non relu

IL DÉFEND SA CONDUITE

fortifier les fidèles, vous ne devez rien négliger de ce qui peut contribuer à la gloire de Dieu et à l'édification de l'Église. C'est dans le temps de l'orage qu'un bon pilote manifeste son habileté. C'est dans le combat qu'un sage et vaillant général /ait connaître sa prudence et sa valeur. Nous sommes battus de l'orage, nous sommes environnés de l'ennemi. Il ne faut pourtant pas perdre courage, au contraire, nous devons fortifier les faibles, relever ceux qui sont tombés et ramener au combat ceux qui fuient ou qui s'égarent.

« Je suis persuadé, mon cher frère, que vous avez de bonnes intentions. Si vous connaissez mon cœur, vous devez être persuadé aussi que les miennes sont bonnes. Ces persuasions réciproques de nos bonnes intentions nous doivent faire espérer de la miséricorde de Dieu, de bonnes issues de toutes nos entreprises.

« Comme je demande à Dieu de tout mon cœur la grâce de chercher uniquement sa gloire et l'édification de l'Église, je ne ferai pas difficulté de vous découvrir mes pensées, mes sentitiments et mes projets : 4 » je ne suis pas sorti hors du royaume parce que Dieu m'a donné des talents propres pour édifier l'Église et pour réunir les esprits. Je serais un lâche si j'abandonnais le champ de bataille lorsque je vois qu'on a plus besoin de secours que jamais ; 2° je me liens caché pour un temps et je ne me manifeste guère parce que ma présence ferait trop d'éclat et je ne veux pas irriter davantage les esprits de nos adversaires qui sont altérés de notre sang. D'ailleurs, je suis bien aise de laisser calmer un peu l'orage, afin de ménager un jour, pour tenir un Synode que je crois très-nécessaire pour réunir, s'il plait à Dieu, tous les esprits dans un môme sentiment.

« Vous n'ignorez pas, mon cher frère, que toute maison ou tout royaume divisé ne saurait subsister. Dieu ne se trouve, dans son amour, qu'avec ceux qui se trouvent en paix ou qui la désirent. Il y a aussi quelque temps que nos églises naissantes sont troublées et divisées; c'est pourquoi la colère

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