DU PLAN EN APPELLE AUX ÉCRITURES
ments sont nobles, généreux et clignes d'un athlète chrétien ; mais prenez garde à ne vous laisser pas séduire par votre jugement; examinez de nouveau, mais avec un esprit libre de toute prévention les raisons qu'on vous a alléguées pour combattre vos sentiments sur les prophètes de nos jours; peut-être que ce que vous auriez pris pour des fantômes, vous parait dans cette disposition pour des êtres réels et effectifs; ne soyez pas trop amoureux de vos senynients. Il est dangereux de l'être et le danger est d'autant plus considérable qu'on aime naturellement la production de son esprit, que cette production soit fondée ou non, de même qu'une mère aime ses enfants, qu'ils soient beaux ou laids. Il n'est pas juste de se laisser entrainer par la multitude, mais il y aurait de l'imprudence, dirais-je de la folie, à ne vouloir pas déférer à ses avis quand ils sont sages et bien établis. On ne doit pas lâcher le pied quand on condamne des choses auxquelles on a reconnu des caractères de divinité ; ce serait approuver ceux qui appellent le bien mal ; mais l'on doit aussi ne pas tomber dans l'extrémité opposée d'appeler le mal, bien. C'est ce qu'on a vu que vous faisiez en prétendant que ceux qui se disent aujourd'hui inspirés du Saint-Esprit, le sont véritablement. L'on vous a combattu ce système par des raisons solides et par l'Écriture; vous ne vous êtes pas voulu rendre, vous en appelez du jugement qu'on a rendu contre vos sentiments. Les appels sont légitimes, ils sont nécessaires; les Donatistes en appelèrent autrefois à l'empereur et sur cela on assembla un concile à Arles, tenu l'an 314. Saint-Athanase, après avoir été condamné au concile de Tyr, porta son affaire au pape Jules qui le renvoya absous aussi bien que les évêques occidentaux. Ceux qui en appellent aujourd'hui sur la constitution l'nigeniius du pape au concile, font très-bien. Votre affaire a été jugée dans une ville qui est pour le moins aux protestants ce que Rome est aux papistes; les jugements qu'on y prononce, en matière de foi, sentent un peu mieux l'orthodoxie et l'infaillibilité que ceux qui émanent du Souverain Pontife et de la capitale d&
CARACTÈRES d'uN VÉRITABLE PROPHÈTE 69
l'empire papal : toutefois les auteurs de ces jugements ne se croient pas infaillibles ; vous ne le croyez pas aussi, les uns et les autres êtes bien fondés ( 1 ) ; les Conciles ni les Synodes ne le sont pas non plus. Si celui auquel vous en appelez ne juge pas plus favorablement votre cause que la savante Académie Genevoise, où irons-nous ensuite? Aurez-vous recours à de nouveaux Synodes? à de nouveaux théologiens? Demeurerezvous dans vos sentiments ? Perse vèrerez-vous dans votre système? Vous serez bien fondé si vous le faites dans la supposition qu'il est le plus conforme à l'analogie de la foi. Il se pourrait bien, que comme un autre Athanase, vous fussiez le seul orthodoxe pendant que tout le monde protestant errerait dans la foi. Si cela est, vous êtes bien heureux, mais, avant de vous féliciter d'un bonheur que nous ne croyons pas encore avéré, qu'il nous soit permis de vous demander des preuves certaines et authentiques qui nous démontrent la vérité de votre système. Pour nous, nous vous dirons toujours que tant que nous ne découvrirons pas les caractères d'un véritable prophète dans ceux qui veulent passer dans le monde pour tel, nous demeurerons fermes dans notre sentiment. Les caractères entr'autres que doit avoir un prophète, c'est la jsainteté de la vie, un courage généreux, véritable dans toutes les prophéties. Un prophète doit être saint, connaître l'avenir et les pensées secrètes des hommes. Sa conduite doit être la plus pure et la plus éloignée du vice. Il doit avoir un courage généreux et magnanime qui lui fasse franchir les obstacles les plus grands et les plus difficiles pour attaquer l'erreur et le vice quelque part qu'ils se trouvent : tel a été le courage des inciens prophètes. Il doit dire toujours la vérité, c'est son grand caractère, c'est son caractère distinctif, si peu qu'il s'en écarte ;'est un imposteur, c'est un fourbe, un homme digne de toute .'exécration du public; c'est un impie, un profane qui abuse
(1) Leurs jugements pourtant peuvent être de quelque poids Jt méritent beaucoup d'attention (Note de Court).