LES INSPIRÉS NE LES ONT PAS
des choses les plus saintes. Il doit pénétrer dans l'avenir, prédire les choses les plus éloignées, pénétrer dans les secrets des cœurs. Qu'on examine à cette règle les prophètes d'aujourd'hui; bon Dieu! que nous allons découvrir des fourbes et des menteurs !
« Heureux si parmi le grand nombre se trouvait quelque Michée ; mais hélas ! l'esprit séducteur se sera répandu sur tous les prophètes. Ils auront eu des visions de vanité et des divinations de mensonge, en disant : l'Éternel a dit, et toutefois l'Éternel ne les avait pas envoyés et ils ont fait espérer que leur parole serait accomplie. L'expérience, votre propre expérience, devrait bien vous avoir dessillé les yeux; les prophéties des Valadières, selon vous, avaient autrefois des caractères de divinité ; c'était dans le temps que la fortune leur était favorable; aujourd'hui que les choses ont changé, qu'elles sont tombées dans la disgrâce, ce n'est plus la même chose; leurs prophéties n'ont plus ces caractères divins. Peut-on voir rien de plus pitoyable ! Pauvres prophétesses ! Que votre sort est malheureux, puisque la divinité de vos prophéties dépend, et de votre prospérité et du caprice des hommes ! J'eus pu (que ceci soit dit en passant) traiter avec tant de mépris une prophétesse Valadière, autrefois fameuse dans le parti, mais qu'on rejette, qu'on chasse et contre laquelle on se déchaîne aujourd'hui ; en vérité, il vaudrait mieux être votre dernier domestique que votre prophète, comme sous Hérode-le-Grand, il aurait mieux valu être son pourceau que son fils.
« La comparaison que vous faites des prophètes avec les docteurs n'est pas juste : les premiers ne doivent parler que sous l'opération du Saint-Esprit , les seconds enseignent une science qu'ils ont acquise ; les premiers doivent être infaillibles dans leur doctrine, les seconds peuvent se tromper; les premiers, S'ils s'écartent, perdent le beau nom de prophètes et deviennent des imposteurs ; c'est ce qu'on ne pourrait pas dire des docteurs à moins qu'à dessein ils ne voulussent séduire les gens. Vous convenez cependant qu'il y a d'abus aux prétendus pro-