IL FAUT LES RAMENER MAIS NON SE LAISSER SÉDUIRE
phètes d'aujourd'hui : en voilà suiEsamment pour les rejeter. J'admire le mot de prétendus dont vous vous servez ; s'ils ne sont que prétendus prophètes, ils ne doivent pas se donner pour véritables et nous ne devons pas les recevoir pour tels.
0 Vous dites n'être pas le seul de votre sentiment ; nous le savons assez ; nous savons pourtant que le plus grand nombre n'est pas de votre côté ; mais que cela fait-il ? Vous êtes le petit troupeau, le seul favori du ciel. Ha! qu'il est à craindre de ne voir encore l'arche de Noé en campagne, la maison d'oraison, le seul résidu, vous m'entendez sans que je m'explique.
« Nous n'ignorons pas que Vesson n'eût plusieurs anciens, mais nous regardons comme unf théologie tout à fait nouvelle que ceux qui sont dans les sentiments de ces schismatiques fanatiques, soient propres pour être anciens et très-utiles à l'Église. Il est vrai que celui qui ouvrit autrefois les yeux d'un aveugle avec de la boue pouvait bien se servir utilement du ministère de ceux qui ont trop longtemps troublé l'Église; mais comme un événement de cette nature est douteux et fort incertain, ou plutôt sans aucune vraisemblance, qu'il nous soit permis d'être dans d'autres pensées, à moins que ces gens là ne changent de système.
« Nous convenons qu'un bon pasteur doit quitter quelquefois les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour aller chercher la centième qui s'égare ; c'est ce que nous avons fait plus d'une fois ; mais jusqu'ici nous n'avons pu la ramener au bercail; ce sont des brebis qui, dépouillant les qualités de cette bête innocente, se sont réservé des caractères de leurs ennemis; nous ne nous lasserons pourtant pas de leur accorder nos soins, heureux, si par les mouvements que nous nous donnerons, nous les ramenons dans la bergerie (1). »
(1) N» 7, t. II, page 81 (31 août 1723).