DU PLAN JUSTIFIE SA CONDUITE PRUDENTE
Du Plan lui répondit aussitôt :
« Monsieur, mon très-cher et très-honoré frère,
« J'ai reçu votre lettre datée du 31 août, le 2 septembre, vers les quatre ou cinq heures du soir par un exprès qui a quitté toutes ses affaires pour s'acquitter de son devoir à l'égard des intérêts de l'Église; et quant à moi, quoique je fusse avec un malade qui a besoin de secours et de consolation, quoiqu'il fût tard et que j'eusse quatre lieues à faire et en danger de coucher hors de la ville ; quoique j'eusse envoyé mes bardes dans un lieu où j'avais à faire, où j'avais donné rendez -vous, où on m'attendait et d'où on m'envoyait deux montures, l'une pour moi, l'autre pour mon malade; enfin, quoiqu'un mal que j'ai au genou me permit moins de me fatiguer et de venir an trot comme je suis venu, je suis parti sur l'avis que vous me donnez dans votre lettre, que vous avez des affaires importantes à me communiquer, et je suis arrivé très-fatigué et mon genou bien enflammé dans le lieu où on m'a fait espérer que je vous verrais. En attendant que j'aie le plaisir de vous embrasser, j'ai cru que pour satisfaire à mon devoir et à votre attente, il était à propos de vous répondre sur quelques articles de votre lettre.
« 1° Je ne me pique pas de dater ni de signer, ni de mettre l'adresse des personnes, ni de marquer les lieux d'où elles viennent, ni où elles vont pour des raisons qui me paraissent solides. Je sais ce qu'il en a coûté à moi et à d'autres pour l'avoir fait.
« 2» Je sais qu'il y a plus de trois mois que vous avez reçu ma première lettre touchant le Synode que je crois nécessaire pour réunir les esprits, et ce temps-là me parait bien long et plus que nécessaire pour donner avis à nos frères de ce que je leur écris : il n'en faudrait pas la moitié pour informer toute l'Europe. Convenez donc de bonne foi qu'il y a de la négligeance de votre part ; et quand même vous n'auriez pas pu la