DÉCISION DU SYNODE CONTRE LES INSPIRÉS
du mauvais principe. Je croirais me rendre coupable du crime des pharisiens qui attribuaient à Béelzébuth les effets du Saint- Esprit. D'ailleurs, le juste vit de la foi ; personne n'est en droit de me vouloir discipliner là-dessus parce que je n'attaque ni la foi, ni la morale de l'Evangile ; au contraire, je ferai, s'il plaît à Dieu, tous mes efforts pour annoncer les vérités évangéliques par mes paroles et par mes actions. »
A la suite de cette correspondance et sur les instances de Benjamin du Plan, un Synode se réunit; le parti de l'ordre ne voulut pas laisser perdre les fruits de son triomphe et décréta que tous ceux qui avaient soutenu Vesson seraient obligés, pour rentrer dans l'Église, de faire devant les pasteurs anciens et fidèles, la déclaration suivante :
« Nous confessons et déclarons en présence de Dieu et de l'Église que, si nous avons soutenu Vesson, ça été dans un temps qu'il ne prêchait que la parole de Dieu et que nous ignorions s'il avait droit ou tort dans le schisme qui déchirait l'Église. Nous demandons pardon à Dieu de n'avoir pas donné assez de soins et fait de prières pour connaître notre devoir dans celte affaire, et nous promettons désormais d'être attachés au corps des pasteurs et des anciens qui composent l'Eglise et de nous opposer de toutes nos forces à ceux qui voudront prêcher sans vocation, ou qui n'observeront pas l'ordre et la discipline ecclésiastique que nos pères ont sagement établie, pour l'édification de l'Eglise (I). »
L'affaire des Multipliants ne suscita pas seulement des tracasseries et des ennemis à Benjamin du Plan elle lui attira encore la persécution la plus violente de la part du pouvoir. La police ayant trouvé quelques-
(1) N" 17, vol. 6, p. 357 (septembre 1723).