‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 63 sur 243 · DU PLAN EST POURSUIVI PAR LA POLICE · texte numérisé non relu

DU PLAN EST POURSUIVI PAR LA POLICE

unes de ses lettres parmi les papiers saisis chez la veuve Verchand, cela suffit pour le compromettre et le signaler aux poursuites de l'intendant. D'ailleurs, depuis longtemps on était en éveil, et si le jeune gentilhomme n'avait pas été mille fois arrêté et traité avec la dernière rigueur, il le devait sans doute à la haute considération dont jouissait sa famille et en particulier aux relations d'intime amitié qui l'unissaient aux plus grandes maisons d'Âlais.

Mais cette patience et cette longanimité eurent un terme. Ce qui aggrava surtout la position de Benjamin du Plan, ce fut, au lendemain de l'affaire des Multipliants, la dénonciation du vieux Huc-Mazel qui venait d'être arrêté à Saint-Paul-La-Coste et conduit à Montpellier. Là, le vieux camisard apostat confirma les soupçons de la police et déclara connaître personnellement le gentilhomme d'Alais. Il révéla le rôle considérable que celui-ci jouait parmi ses coreligionnaires et l'immense influence dont il jouissait dans les Synodes et dans les assemblées ; il le perdit surtout en le rangeant dans la catégorie des Inspirés qui excitaient en ce moment la colère du pouvoir. Aussitôt des ordres furent lancés pour se saisir du jeune gentilhomme; l'évêque d'Avéjan, le commandant d'Alais furent forcés de seconder les desseins de l'intendant et si du Plan échappa aux premières poursuites, ce fut par miracle. Plusieurs catholiques, des ecclésiastiques même, avisèrent ses parents des dangers imminents qui le menaçaient. Benjamin du Plan assistait en ce moment à un Synode, près de Nimes. Aussitôt il prit la fuite, et erra, comme les prédicants, dans les campagnes, sous un nom et des habits d'emprunts; sa tête fut mise à prix et pour

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