ÉDIT DE
Le cri d'alarme poussé à Alais retentit à Paris; il réveilla dans le conseil du roi un écho d'autant plus sympathique que la persécution devait servir les projets ambitieux des gouvernants ; en immolant les protestants à la papauté, Fleury espérait obtenir pour récompense le chapeau de cardinal. Il s'entendit avec un autre ambitieux comme lui, Lavergne de Tressant, ancien aumônier du Régent, depuis évêque de Nantes et secrétaire du conseil de conscience (1).
Ces deux hommes circonvinrent le duc de Bourbon, et, de concert avec le vieux Bàville, alors retiré à Paris, lui firent signer le trop célèbre édit de 1724.
Cet édit composé de dix-huit articles, déclarait ce qui suit :
Peines des galères perpétuelles pour les hommes et de la réclusion à vie pour les femmes, avec confiscation de biens, s'ils assistaient à d'autres exercices que ceux de la religion catholique.
Peine de mort contre les prédicants ;
Peine des galères ou de la réclusion contre ceux qui leur donneraient asile ou aide quelconque, et contre ceux qui négligeraient de les dénoncer;
Ordre aux parents de faire baptiser leurs enfants dans les vingt-quatre heures par le curé de la paroisse, de les envoyer aux écoles et catéchismes catholiques jusqu'à l'âge de quatorze ans et aux instructions des dimanches et fêles jusqu'à l'âge de vingt ans;
Ordre aux sages-femmes d'annoncer aux prêtres les
(1) Conseil particulier où était le roi, son confesseur et quelques autres et où l'on décidait diverses matières concernant le clergé ou l'Etat ecclésiastique.