ANXIÉTÉ DE DU PLAN
le moindre jour de réussir. Malheureusement les conjonctures présentes paraissent peu favorables et à en juger par les causes secondes nous avons peu lieu d'espérer que Dieu exauce encore ni nos vœux, ni les vôtres.
« Votre lettre, Monsieur, comme vous le souhaitez, a été communiquée à milord Archevêque, et il a lui-même voulu que vous fussiez informé de ce qu'il avait fait. Dès qu'il eut reçu la requête que vous lui avez adressée pour le Roi, il eut la bonté de la donner de sa propre main à Milord Tonshend, un de nos secrétaires d'État, et de l'appuyer de sa recommandation. C'est tout ce qu'il pouvait faire à cet égard : mais il a fait depuis une démarche plus éclatante au commencement de l'année. Suivi de plusieurs évêqnps, il représenta au roi l'état des églises protestantes d'outremer et implora fortement sa protection pour elles. Le roi l'écouta avec beaucoup d'attention et lui répondit avec toute sa bienveillance ordinaire. Mais pour ce qui regarde les affaires de France, il n'était pas autorisé à agir si ouvertement et que sous main il ferait en leur faveur dans les occasions, tout ce qu'il dépendrait de lui. Dieu veuille lui-même les lui faire naître et en attendant inspirer à nos frères sous la croix, assez de courage pour s'arracher à des lieux où leur foi est si exposée et à nous tous toute la piété et la ferveur nécessaires pour détourner sa colère et hâter le retour de ses compassions, qu'il serait à souhaiter que tout le monde suivit à cet égard votre exemple.
« J'ai l'honneur d'être avec toute la considération possible, Monsieur, etc., etc.
Qui dira l'anxiété de Benjamin du Plan depuis la publication de cette Déclaration? 11 était sans nouvelles de ses amis, car les communications devenaient beaucoup plus difficiles et un échange de lettres était presque impossible. Pour correspondre, il fallait user de ruse et tromper la vigilance de Tennerai aux aguets. C'était un marchand qui faisait le trafic entre la Suisse