‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 8 sur 243 · LES MARIAGES PROTESTANTS REGARDÉS ILLÉGITIMES · texte numérisé non relu

LES MARIAGES PROTESTANTS REGARDÉS ILLÉGITIMES

sements de la foule. On y plaçait le mort nu, à peine refroidi, devant les obscènes railleries des assistants, puis après l'avoir traîné dans le ruisseau, à travers les rues et les carrefours, pendu par les pieds à un gibet pendant vingt-quatre heures, on le jetait à la voierie.

Une autre conséquence de cet édit, fut de proclamer illégitimes les mariages contractés ailleurs qu'à l'église. Puisqu'il n'y avait plus de protestants en France, tous ceux non mariés à l'église ne l'étaient plus. Comme le mariage civil n'existait pas à cette époque, il fallut dès lors s'unir devant un prêtre, sinon la loi méconnaissait le mariage et les époux pouvaient en demander la nullité et contracter de nouvelles unions. Pour éviter les graves conséquences de cet état de choses, quelquesuns firent un compromis avec leur conscience. Ils se mariaient à l'église, puis devant le pasteur; hâtonsnous d'ajouter cependant que la plupart, au mépris de la loi, s'unirent seulement d'après leur culte; mais ils étaient censés vivre dans le désordre et leurs enfants étaient regardés comme illégitimes.

Les anciennes et épouvantables ordonnances publiées après la révocation de l'édit de Nantes continuèrent plus que jamais à être remises en vigueur. On traqua le malheureux huguenot depuis le berceau jusqu'à la tombe. Les enfants furent arrachés à leurs familles, baptisés de force et conduits de force aux écoles catholiques. Les hommes ne purent occuper aucune fonction publique, même la plus humble j on leur abandonna les carrières commerciales et industrielles, mais le seul titre de protestant les exposait aux injustices les plus criantes de la part d'une législation

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