DU PLAN DÉPLORE LA PÉNUERIE DES PASTEURS
ce que l'on veut représenler. Il faudrait se faire une juste idée
de chaque chose et placer chacune dans son rang. Il faudrait
connaître toute la force et la signification précise de chaque
terme, de chaque figure. Il est certain qu'un homme en parlant
ou en écrivant peint le caractère de son esprit et de son cœur
sans y penser. Il faut donc faire tous nos efforts pour rendre
notre esprit juste et notre cœur droit. Nous ne réussirons
jamais à cela si nous ne rentrons souvent dans nous-mêmes et
Isi nous n'implorons sans cesse le secours de Dieu pour dissiper
iles ténèbres de notre ignorance et pour anéantir la corruption
|de notre cœur (1). »
Antoine Court n'avait garde de s'ofifenser de ces [remarques dictées par la plus franche amitié. Il savait la haute estime que du Plan avait pour son caractère ; aussi acceptait-il ses critiques avec reconnaissance et en faisait-il son profit.
Les lettres de du Plan, datées de cette époque, sont les plus nombreuses, les plus longues et les plus nourries; on sent qui! a du temps pour les écrire et qu'il y prend plaisir. C'est dans cette riche correspondance que se découvre à nous sa belle âme qu'anime une seule passion, la gloire de Dieu, un seul désir, le bien de l'Église. Il continue de loin son œuvre en donnant des conseils et des directions à son ami et en s'intéressant aux souffrances de ses frères. Il déplore souvent d'avoir été obligé de les quitter, car il n'ignore pas l'immensité des besoins et la pénuerie des ouvriers. Cette pénuerie le préoccupe et il voudrait qu'on y suppléât en mettant à profit toutes les forces vives de l'Église :
€ Il faut augmenter les anciens pour suppléer au défaut de
(1) N" 12, p. 123 (juin 1726).
116 INCONVÉNIENTS D'appelER DES PASTEURS ÉTRANGERS
pastenrs; il faut exhorter les pères et les mères à servir de ministres à leurs enfants (1). .
; Cette pénuerie de pasteurs préoccupait aussi Court : il était seul en eiret, avec Corteiz etquelques prédicants à porter le fardeau des Eglises. Aussi demandait-il souvent a son am, de faire appel au zèle et au dévouement des ministres étrangers. Aussitôt du Plan se mettait en
pasteurs réfugies ou étrangers de venir en France.
. C'est au ciel, écrivait-il à son ami. à vous fournir des prédicateurs; on ne veut pas entend e cette vofx I appelle au martyre pour l'instruction et la consol L de ceux qui gémissent sous la croix. Cette parole est trop dureTla chair et au sang. Il ne faut pas moins que I efficace de la grài victorieuse que Dieu ne déploie que sur ceux qu'il 'ui nlaTet qui sont ordinairement de très-faibles instrument "r, toute la gloire soit rendue au Seigneur (2). » ^
D'ailleurs, l'idée d'appeler des pasteurs du dehors ait-elle heureuse? Leur présence en France, au
pa pu d inconvénients que d'avantages? Du Plan avait de bonnes raisons pour le croire.
« Si des ministres étrangers venaient à notre secours l, chose se saurait aussitôt puisqu'on sait d'aMvot e^ ;é^^
(1) NM2, p. 51 (avril 1725)
(2) N- 12, p. 51 (avril 1725).
(3) N» 12, p. 79 (novembre 1725).